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Youba Sokona, le scientifique malien qui « veille » sur la température du monde

Professeur assistant à l’Ecole nationale d’ingénieurs de Bamako (ENI-ABT) entre 1976 et 1977, l’hydrologue Youba Sokona est, aujourd’hui, l’un des scientifiques les plus écoutés dans le domaine de l’environnement surtout celui spécifique des changements climatiques. Le Journal Scientifique et Technique du Mali retrace le parcours de ce scientifique qui occupe, depuis octobre 2015, le poste de Vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), une organisation qui regroupe 195 pays à travers le monde.

«Nous sommes sur la voie de l’augmentation de 3 degrés de la température moyenne mondiale», s’inquiétait-il, au Festival de la Terre à Venise, du 03 au 04 décembre 2018. «Un changement radical de la société est nécessaire, avertit-il, au cours d’une interview avec le site italien Lifegate. Car, les efforts visant à limiter la hausse de la température moyenne dans le monde ne suffisent pas». Du haut de ses 1 m 85 environ, doté d’un physique imposant et d’un teint métissé, Youba Sokona, selon un proche, est d’un franc-parler parfois déconcertant, aussi bien avec les décideurs politiques qu’avec ses collègues ou avec les journalistes. Un caractère, sans doute, façonné par son origine et à l’éducation qu’on y reçoit.

Youba Sokona est né le 23 mars 1950 à Ségou, à 240 km au Nord-Ouest de Bamako. Sa carrière professionnelle débute à l’Ecole nationale d’ingénieurs de Bamako en tant que professeur assistant. De 1978 à 1981, il prépare son Doctorat d’ingénieur à l’Ecole nationale supérieure des mines de Paris et exerce en tant qu’Assistant de recherche et chercheur au Centre informatique géologique de l’École nationale supérieure des mines de Paris. Aussitôt son diplôme en poche, il revient au Mali et reprend ses activités à l’ENI, cette fois, en tant que Professeur d’hydrologie, de statistique et d’hydraulique.

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«J’ai décidé de travailler pour ENDA, mais personne n’a compris mon choix »|Dr Youba Sokona

De l’enseignement au militantisme dans les ONG, un choix «incompréhensible» à l’époque pourtant assumé par Dr Youba Sokona. Voici ce qu’il en disait lors d’une interview publiée sur la plateforme web Lodel: «Quand j’ai fini mes études à Paris, j’étais au laboratoire d’hydrologie de l’école des Mines à Fontainebleau, puis j’ai décidé d’arrêter et de rentrer au Mali, où j’ai enseigné à la formation d’ingénieurs à Bamako. C’est ensuite que j’ai décidé de travailler pour ENDA, mais personne n’a compris mon choix, car d’habitude, on travaille pour une ONG quand on ne peut pas faire autre chose. En conséquence, les ONG anglo-saxonnes sont bien plus professionnelles et sont mieux reconnues. C’est prestigieux de travailler pour elles ! Dans les pays francophones en Afrique, on a l’impression que c’est quelqu’un qui n’avait aucune possibilité d’évoluer ailleurs, et qui se replie faute de mieux. C’est un problème».

Un problème? C’est le moins que l’on puisse dire. Car, c’est grâce à ce choix stratégique que Dr Sokona est aujourd’hui une voie incontournable dans le domaine environnemental. Il est d’abord, recruté en tant que coordinateur de recherche pour le programme Enda-TM Energy, en 1983, année à laquelle il se marie. A ce poste, Youba Sokona participe à tout le processus de Rio et aux conventions qui ont suivies. Développant une expertise et un leadership envié Youba devient entre 1999 et 2004 Secrétaire exécutive pour les relations internationales à ENDA-TM. C’est l’ouverture vers l’international. Ainsi, en juin 2004, l’hydrologue est nommé Secrétaire exécutif de l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS). Il devient ensuite, coordinateur du Centre africain pour les politiques climatiques de novembre 2010 à mai 2012.

Le Prince Albert II de Monaco et le vice-président du GIEC Youba Sokona à Venise

 «Nous avons besoin d’une politique qui prenne des décisions drastiques […] sans penser à gagner les prochaines élections »| Dr Youba Sokona

Au GIEC, le scientifique malien multiplie les fora et autres symposiums scientifiques se rapportant à son domaine d’expertise. Dans cette organisation, la plus complexe et la suivie sur le phénomène de changement climatique, il occupe d’abord la fonction de co-président groupe de travail III du GIEC sur l’atténuation des changements climatiques. Le 7 Octobre 2015, lors de la 42ème session de l’organisation à Dubrovnik (Croatie), il est élu par ses pairs au poste de Vice-président. Une distinction qui n’entame en rien son légendaire franc-parler. Dans son entretien avec le site italien,  le vice patron du GIEC répond à une question sur ce qui fait, selon lui, la «difficulté de communication entre le monde scientifique et le reste de la société».  «La science est claire, dit-il. Chaque rapport publié indique les nouvelles connaissances acquises par le monde scientifique… Nous avons besoin d’une politique qui prend des décisions drastiques et s’intéresse au long terme, sans penser à gagner les prochaines élections.»

Un scientifique complet…

Auteur de plusieurs dizaines de publications scientifiques, Dr Youba Sokona a été cité au moins 13 335 fois selon Google Scholar. Entre autres publications, on peut citer : Sokona, Y. et Srivastava (éditeurs), 2012. Accès universel à l’énergie: bien définir le cadre. Politique énergétique, volume 47, supplément 1, (2012); – Sokona, Y. et tous, 2012. Y. Sokona, Y. Mulugetta, H. Gujba. Élargissement de l’accès en Afrique: vers la transition énergétique. Politique énergétique, volume 47, Supplément 1, (2012), pages 3 à 10; – Sokona, Y. et Davidson, O., 2002. Un nouveau chemin d’énergie durable pour le développement de l’Afrique: Penser plus fort, agir plus vite; Sokona, Y. et tous, 2002. Liens entre changement climatique et développement durable. Dans: Climate Policy, vol. 2, 129-144 Elsevier, Amsterdam; – Sokona, Y. 1992. Politiques et planification des services énergétiques de base pour le développement rural: expérience en Afrique de l’Ouest d’une expérience internationale en matière de planification énergétique. Elan Press; – Sokona, Y. and all, 1991. Problèmes clés du système électrique en Afrique. Dans Les problèmes clés des systèmes électriques des pays en développement, COPED, Rapport EUR 13461 EN, La Commission des Communautés européennes. pp 29-39…

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Outre son parcours évoqué, Youba Sokona occupe ou a déjà occupé les fonctions suivantes:

  • Ancien membre du groupe consultatif technique du groupe consultatif technique commun du PNUD et de la Banque mondiale sur le programme d’assistance à la gestion du secteur de l’énergie, membre de l’ensemble des programmes financés par Energy Trust de la Banque mondiale de 1998 à 2004.
  • Membre de l’Association internationale des sciences hydrologiques
  • Ancien membre du groupe consultatif scientifique du Centre de collaboration du PNUE sur l’énergie et l’environnement au laboratoire national RISO au Danemark.
  • Président du conseil d’administration de l’organisation El Taller
  • Membre du conseil d’administration de l’Institut de l’environnement de Stockholm (SEI)
  • Ancien président du Conseil d’Administration de l’Initiative de l’Afrique sur les énergies renouvelables (IAER), (il a été remplacé à ce poste par notre compatriote Seyni Nafo, président du groupe des négociateurs africains pour le Climat)
  • Auteur principal du quatrième rapport d’évaluation du groupe de travail III du GIEC
  • Conseiller spécial principal du groupe de travail du Club de Madrid sur le leadership mondial pour Changement climatique
  • Membre de la Commission suédoise sur le changement climatique et le développement
  • Coprésident du groupe de travail III du cinquième rapport d’évaluation du GIEC
  • Membre du conseil d’administration de l’Institut d’études sur le développement de l’Université de Sussex…

@mamadou_togola

Titulaire d'un diplôme de formation en alternance de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, je suis passionné par les sujets scientifiques. Contactez-moi par mail: mamadou.togola@jstm.org

2 Comments

  1. Les zones tempérées de la planète sont caractérisées par la présence d’eau ou de végétation, et c’est justement quand les continents se “dévégétalisent” l’été que la désertification s’installe ! Avant de perdre ses arbres le Sahara était une forêt ! L’été la Nouvelle aquitaine est un désert, et depuis 20 ans on diminue de 10% par an les surfaces irriguées , ce qui amplifie fortement le phénomène de désertification !

    Dans un écosystème forestier (notre référence en matière de climat) 70% des précipitations sont consacrées à l’entretien du cycle de l’eau (évapotranspiration) par rétention dans les sols, ce qui laisse 30% de retour en mer. Quand les retour en mer d’un bassin versant dépasse les 30% c’est que la végétation n’aura pas assez d’eau, ce qui va entrainer un manque d’évaporation (donc un stockage de chaleur dans les sols = canicule) un manque de pluie, un assèchement des sols et une destruction de la biodiversité, un sol sec c’est un sol mort !

    Toute la régulation thermique des basses couches de l’atmosphère se fait par l’évaporation (chaleur latente) ! Il faut végétaliser massivement (villes et campagnes) au rythme des forets de feuillus . Contrairement aux idées reçues, la pluie ne vient pas uniquement de la mer : 70% des précipitations continentales proviennent de l’évapotranspiration (végétation) et seulement 30% de l’évaporation en mer … Autrement dit , il ne pleut pas sur des sols secs !

    En climatologie on part du principe que c’est la végétation qui apporte les pluies, donc l’ irrigation n’est pas un problème mais LA solution , à condition d’avoir fait des réserves l’hiver ! Le bilan hydrique de la végétation est toujours positif dans un rapport 2/3 1/3 : 2 litres d’eau évaporée = 3 litres de pluies ! Si tout le monde avait le bon sens de faire comme les agriculteurs, des réserves d’eau l’hiver (particuliers, villes, industriels, etc …) pour végétaliser en épargnant les nappes phréatiques l’été on ne parlerait jamais de sécheresse ! Oui la végétation utilise 70% des pluies mais c’est quand elle ne le fait pas que le climat se dérègle !

    En France les forets brulent parce que depuis 30 ans on plante des conifères qui consomment deux fois moins d’eau … donc apportent deux fois moins de pluies ! D’ailleurs on ne plante pas de conifère en Afrique !

    Les vrais spécialistes du climat nous disent bien que quand la température monte il y a plus d’évaporation et donc plus de pluie, donc il n’y aura pas moins d’eau mais une dégradation de la répartition annuelle des précipitations avec des accidents climatiques : inondations l’hiver et sécheresses l’été !

    Les villes commencent à comprendre qu’il faut végétaliser pour “climatiser” mais tous les étés on laisse, dans nos campagnes, des millions d’hectares sans végétation; un champ bien vert l’été aura le même impact sur le climat qu’une foret ! Il y a 20°c d’écart entre un champ vert et un champ sec l’été , sur 4 millions d’hectares de Surface Agricole Utile l’impact sur le climat est énorme ! Si on reboisait dès aujourd’hui l’ensemble de la région il faudrait attendre 30 ans avant de commencer à voir les effets sur le climat … C’est bien de replanter des haies dans les champs mais c’est une goutte d’eau dans l’océan !

    Les inondations sont provoquées uniquement par les ruissellements sur des sols étanches ou saturés, c’est pourquoi il est urgent de capter tous les ruissellements (ce que demande le ministre de l’agriculture avec les réserves collinaires…) pour prévenir les inondations , éviter les pollutions, alimenter les nappes phréatiques par infiltration et garder de l’eau pour l’été. Un bassin versant se gère en amont et pas en aval : pour lutter contre les inondations tout en gardant de l’eau pour l’été il faut retenir l’eau le plus en amont possible du bassin versant avec des réservoirs ! Si la Seine n’avait pas les grands lacs, Paris serait à sec tous les étés. Les rivières sont le drainage naturel des sols, quand on augmente le débit de drainage les sols sèchent plus vite.

    En Nouvelle Aquitaine les nappes phréatiques sont pleines depuis début décembre 2019 … Tout est saturé mais comme on n’a pas fait de réserves supplémentaires on manquera dramatiquement d’eau l’été prochain … comme l’été dernier ou toute la France était en restriction ou même en crise !

    Les nappes profondes sont alimentées par les nappes superficielles elles mêmes alimentées par les eaux de surfaces (rivières étangs lacs pluies), pour ne pas perturber le cycle de rechargement des nappes phréatiques il faudrait que tous les prélèvements soient compensés (à volume équivalent) par des réserves de surfaces, avec une application strict du code de l’environnement : Aucun rejet en rivière par un recyclage de l’eau dans les sols (irrigation).

    La consommation d’eau en Nouvelle Aquitaine est de 1,5 milliards de m3 (potable, industrie et agricole) ce qui correspond à 2,5% des pluies reçues annuellement, nous ne manquons pas d’eau mais de simplement de réserves !

    Depuis le 4 11 2019, la Garonne a évacué (au niveau de Tonneins) 11,5 milliards de m3 d’eau douce (5 milliards de m3 au delà du débit moyen annualisé de 595m3/sec) sur un bassin versant de 51500km2 avec une pluviométrie moyenne de 700mm par an cela correspond à 32% des pluies. La Garonne vient d’évacuer en 4 mois ce qu’elle aurait du évacuer en une année, si on extrapole ce calcul à la surface de la Nouvelle Aquitaine (84200km2), on obtient un excédent d’eau en 4 mois de 8 milliards de m3, c’est à dire le volume nécessaire pour irriguer (fortement) les 4 millions d’hectares de la Surface agricole Utile de la région.

    Donc à partir d’aujourd’hui on sait déjà que la Garonne a évacué trop d’eau, donc on n’aura pas de quoi végétaliser le bassin versant l’été prochain donc on aura des canicules et un manque de pluie.

    dans les Deux Sèvres nous en sommes à la quatrième période d’inondations et on manquera d’eau l’été prochain … au niveau de Niort à la Tiffardière, depuis le 18 10 2019, la Sèvre a déjà évacué 550 millions de m3 d’eau douce vers la mer alors que le bassin reçoit annuellement 900 millions de m3 … La Sèvre vient de rejeter en 4 mois ce qu’elle aurait du rejeter en DEUX ANS … ça doit être la rivière de France la plus mal gérée … et ce n’est pas fini !
    On va atteindre les 60% de rejet en mer alors qu’il ne faudrait jamais dépasser les 30% ! Si tout le monde avait le bon sens de faire de faire comme les agriculteurs, des réserves d’eau l’hiver (particuliers, villes, industriels, etc …) pour épargner les nappes phréatiques l’été on ne parlerez jamais de sécheresse !

    Les surfaces végétales sont les seules à évacuer la chaleur, entretenir le cycle de l’eau, baisser l’albédo des sols, stocker de l’énergie solaire sous forme de biomasse, protéger et nourrir la biodiversité dont nous faisons partie .

    Notre référence climatique c’est la forêt de feuillus (sur tous les continents) , nos forets sont vertes l’été il faut que nos champs soient verts au même rythme, plus la densité végétale de notre environnement sera importante mieux on vivra !

    Les cultures d’hiver ne sont pas gênantes à condition qu’elles soient suivies d’un couvert végétale vivant l’été, c’est d’ailleurs imposé par la PAC mais pas respecté en Nouvelle Aquitaine puisque tous les étés on coupe l’irrigation pour alimenter les villes qui rejettent les pluies en mer, qui ne font pas de réserves et qui ne recyclent pas l’eau dans les champs …

    Depuis les années 50, le taux d’urbanisation a fortement augmenté, avec une demande en eau croissante et des stations d’épurations raccordées (par facilité) aux rivières, donc sans recyclage de l’eau ! Toute l’eau qui arrive en ville (pluie, eau potable, alimentation) rejoint la mer via les rivières sans être correctement traitée et donc en générant une pollution massive.

    Dans les années 70 on a subventionné l’irrigation, ce que la population a assimilé à de l’agriculture intensive.

    Dans les années 2000 on a finit par épuiser les nappes l’été, la répartition des prélèvements étant la suivante : 46% agricole, 34% potable et 12% industrie, il était facile d’accuser l’agriculture et de lui couper l’eau. Mais ce qui aurait du rester une mesure provisoire s’est transformé en moyen de gestion de la ressource : dès que les nappes baissent on coupe l’irrigation sans jamais rechercher de compensation donc sans jamais résoudre le vrai problème : le détournement massif et illégal de l’eau douce par les villes non conformes au code de l’environnement ! 34% + 12% = 46% donc si l’eau potable et industrielle était recyclée dans les champs on diviserait par deux les prélèvements dans les nappes phréatiques et si on y ajoute l’eau qui ruisselle sur le béton des villes on pourrait irriguer la totalité de la surface agricole utile de la région (781 000 hectares de béton en Nouvelle Aquitaine (9,3% du territoire)) qui détournent annuellement 5 milliards de m3 d’eau douce vers la mer au lieu de l’infiltrer, c’est 3 fois la consommation TOTALE de TOUTE la région ,potable agricole et industrie)

    Les coupures systématiques de l’irrigation, dès que les nappes baissent l’été , ont ancré dans l’opinion publique que l’irrigation était LE problème, en occultant que les villes rejettent 10 fois plus d’eau dans les rivières , que les prélèvements agricoles représentent seulement 2% des précipitations annuelles et surtout que la végétation est notre pompe à eau ! Alors effectivement en coupant la pompe on n’a plus de fuite mais on n’a rapidement plus d’eau … Si les agriculteurs avaient pu constituer des réserves l’hiver pour irriguer l’été, le détournement des villes serait passé inaperçu (hormis les problèmes de pollution) , mais comme l’irrigation a été désignée responsable des pénuries d’eau , les « écologistes (FNE, SEPANSO, génération écologie et EELV) » ont bloqué la construction de réserve (Sivens, Caussade, etc ..) … Bilan de l’opération : la région se transforme en désert tous les étés !

    Pour résumer la loi sur l’eau de 1964 : 1) priorité à la consommation humaine 2) biodiversité 3) eau économique !

    La consommation humaine sous entend l’eau de boisson, c’est à dire 1% de la distribution d’eau (la loi de 1964 ne légalise pas l’utilisation d’eau potable pour les toilettes ou les lessives, on devrait même l’interdire si l’eau n’est pas recyclé dans les sols après traitement…).

    La biodiversité : la base de toutes les chaines alimentaires se trouve dans la biodiversité des sols, les micro-organismes des sols sont indispensables à toute la vie sur la planète , un sol sec c’est un sol mort, c’est pourquoi il est indispensable de maintenir une couverture végétale vivante, sur les sols agricoles, l’été . En laissant sécher des millions d’hectares l’été, non seulement on nuit gravement à notre sécurité alimentaire mais on coupe le cycle des pluies et nos rivières sèchent ce qui provoque une rupture de la continuité écologique des cours d’eau !

    L’eau économique : l’industrie utilise beaucoup d’eau, cette eau est nettoyée après usage mais rejetée en rivière au lieu d’être recyclée pour l’arrosage ! Le code de l’environnement impose un traitement et une infiltration de TOUS les rejets (pluies et eaux usées pour : villes, maisons individuelles, industrie) pour ne pas perturber le cycle de rechargement des nappes phréatiques, et quand les infiltrations ne sont pas possibles l’eau doit être recyclée pour des usages non domestiques comme l’arrosage (irrigation). si le code était appliqué par les villes et l’industrie les nappes ne s’épuiseraient pas ! Pour la métropole de Bordeaux, les rejets en rivières (pluie et eaux usées) correspondent à 365 millions de m3 par an … C’est un volume d’eau douce équivalent au barrage de Sivens qui rejoint la mer chaque jour pendant que les campagnes du département sèchent dramatiquement !

    L’eau agricole ne doit pas être intégrée à l’eau économique parce qu’elle entretient le cycle, couper l’irrigation c’est comme couper la pompe à eau des continents ! On devrait remplacer le mot irrigation par ” végétalisation” ou ” entretien du climat “.

    Donnez l’eau aux agriculteurs (sans taxe) à raison de 2000m3 à l’hectare ou 4000m3 pour le maraichage et vous n’aurez plus JAMAIS de sécheresse. Les agences de l’eau ont adapté une gestion “administrative” complètement déconnectée du terrain qui ne tient pas compte du cycle de eaux de surfaces et qui amplifie le dérèglement climatique, c’est une grave erreur de calcul parce que si l’eau pour la végétalisation était gratuite, le cycle ne serait pas coupé, il n’y aurait jamais de restriction et elles vendraient encore plus d’eau ! A condition bien sur que les villes soient aux normes et recyclent l’eau dans les sols …

    Quand on dit que les sols agricoles se minéralisent c’est qu’ils perdent leur biomasse et ils perdent leur biomasse parce qu’ils n’en fabriquent pas assez ! Sans biomasse les sols deviennent trop perméables, les eaux qui alimentent les nappes phréatiques ne sont pas assez filtrées et les cultures manquent rapidement d’eau. La période idéale pour faire de la biomasse (et donc de la photosynthèse) c’est l’été mais pour cela il faut de l’eau, comme en France on diminue les surfaces irriguées de 10% par an pour alimenter des villes qui ne recyclent pas l’eau on amplifie la désertification, on s’attaque sérieusement à notre sécurité alimentaire , on détruit la biodiversité (un sol sec c’est un sol mort) et on en arrive même à dérégler le climat. Contrairement aux idées reçues, l’irrigation n’assèche pas le bassin versant mais au contraire participe à son alimentation : 2 litres d’eau évaporée apporte 3 litres de pluies !

    En France, depuis 30 ans la pluviométrie ne change pas mais c’est la répartition annuelle des pluies qui se dégrade : fortes précipitations l’hiver et sécheresse l’été. On réglera le problème en veillant à ce que les rivières ne rejettent pas plus que 30% des précipitations , pour cela il faut faire des réserves collinaires en tête de bassin pour capter les ruissellements de surface, réguler le débit des rivières à partir de ses réserves (ce qui limitera les inondations et les assecs, exactement ce qui a été fait pour la Seine avec les quatre grands lacs) ) , recycler l’eau dans les sols (donc aucun rejet en rivière) et végétaliser au maximum l’été. La suppression des retenues sur les cours d’eau provoquent des inondations et un assèchement du bassin, les retenues créent des zones humides qui maintiennent l’eau dans le bassin versant et il est interdit d’assécher les zones humides.
    Concrètement il faut de tout urgence reconstruire les ouvrages détruits depuis 20 ans et en construire d’autres : pour compenser les prélèvements dans les nappes phréatiques (et donc ne pas épuiser les nappes l’été) chaque bassin versant doit avoir un volume d’eau de surface équivalent à la consommation humaine (potable, industrie et nucléaire) plus le volume d’eau nécessaire à la végétalisation des surfaces l’été (villes et campagnes) c’est à dire 2000m3 à l’hectare ou 4000m3 à l’hectare pour le maraichage (globalement une surface végétale a besoin de 200l d’eau par m2 l’été et deux fois plus pour les fruits et légumes qui sont composés à 90% d’eau ).

    On aura sauvé le climat et la biodiversité quand la France sera verte l’été !

  2. Pour bien comprendre le fonctionnement global du cycle de l’eau sur les continents il faut raisonner par bassin versant.

    Il faut voir le bassin versant comme un château d’eau, ce château d’eau est alimenté par les pluies et les pluies sont provoquées à 70% par l’évapotranspiration, donc par la végétation. La rivière est le drainage naturel du bassin , comme 30% des pluies proviennent de l’évaporation en mer, si on ne veut pas que le bassin se vide la rivière ne doit pas rejeter plus de 30% des précipitations. Ce système fonctionne bien quand le bassin versant est couvert de foret de feuillus parce que les arbres utilisent 70% des précipitations pour alimenter le cycle (par rétention dans les sols) et ne laisse repartir à la mer que les 30% d’excès.

    Actuellement les rivières françaises rejettent plus de 70% des précipitations ce qui provoque des inondations, un assèchement mathématique du bassin et des canicules puisque la végétation n’aura pas suffisamment d’eau pour entretenir le cycle et évacuer la chaleur.

    Les arbres assurent de façon autonome (et depuis des millions d’années) le bon fonctionnement du cycle de l’eau parce qu’ils assurent une évaporation proportionnelle à la chaleur et donc régule parfaitement le climat. Plus il fait chaud plus la végétation transpire, la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère augmente et limite la puissance du rayonnement solaire qui arrive jusqu’au sol (effet parasol) . Quand la température baisse la quantité de vapeur d’eau diminue (par condensation ) et les sols reçoivent un peu plus d’énergie solaire. Ce système s’autorégule tant qu’il y a de l’eau et donc de la végétation dans les bassins versants. C’est pourquoi les zones tempérées de la planète sont couvertes d’eau ou de végétation; c’est pour cela aussi que les déserts sont caractérisés par le manque de végétation et de fortes crues dès qu’il pleut !

    Les forets de feuillus gardent 70% des pluies dans les sols grâce à la profondeur du système racinaire des arbres mais surtout à la forte incorporation de biomasse dans les sols. un arbre a globalement le même volume de bois au dessus du sol qu’en dessous, ce système racinaire (comme les branches) se renouvelle en permanence, la biomasse créée dans les sols par les racines mortes fait office “d’éponge” qui servira à alimenter l’arbre. C’est un système parfaitement autonome ou les sols s’enrichissent fortement même si on exploite le bois en surface.

    Quand on dit que les sols agricoles se minéralisent c’est qu’ils perdent leur biomasse et ils perdent leur biomasse parce qu’ils n’en fabriquent pas assez ! Sans biomasse les sols deviennent trop perméables, les eaux qui alimentent les nappes phréatiques ne sont pas assez filtrées et les cultures manquent rapidement d’eau. La période idéale pour faire de la biomasse (et donc de la photosynthèse) c’est l’été mais pour cela il faut de l’eau, comme en France on diminue les surfaces irriguées de 10% par an pour alimenter des villes qui ne recyclent pas l’eau on amplifie la désertification, on s’attaque sérieusement à notre sécurité alimentaire , on détruit la biodiversité (un sol sec c’est un sol mort) et on en arrive même à dérégler le climat. Contrairement aux idées reçues, l’irrigation n’assèche pas le bassin versant mais au contraire participe à son alimentation : 2 litres d’eau évaporée apporte 3 litres de pluies !

    En France, depuis 30 ans la pluviométrie ne change pas mais c’est la répartition annuelle des pluies qui se dégrade : fortes précipitations l’hiver et sécheresse l’été. On réglera le problème en veillant à ce que les rivières ne rejettent pas plus que 30% des précipitations , pour cela il faut faire des réserves collinaires en tête de bassin pour capter les ruissellements de surface, réguler le débit des rivières à partir de ses réserves (ce qui limitera les inondations et les assecs, exactement ce qui a été fait pour la Seine avec les quatre grands lacs) ) , recycler l’eau dans les sols (donc aucun rejet en rivière) et végétaliser au maximum l’été. La suppression des retenues sur les cours d’eau provoquent des inondations et un assèchement du bassin, les retenues créent des zones humides qui maintiennent l’eau dans le bassin versant et il est interdit d’assécher les zones humides.
    Concrètement il faut de tout urgence reconstruire les ouvrages détruits depuis 20 ans et en construire d’autres : pour compenser les prélèvements dans les nappes phréatiques (et donc ne pas épuiser les nappes l’été) chaque bassin versant doit avoir un volume d’eau de surface équivalent à la consommation humaine (potable, industrie et nucléaire) plus le volume d’eau nécessaire à la végétalisation des surfaces l’été (villes et campagnes) c’est à dire 2000m3 à l’hectare ou 4000m3 à l’hectare pour le maraichage (globalement une surface végétale a besoin de 200l d’eau par m2 l’été et deux fois plus pour les fruits et légumes qui sont composés à 90% d’eau ).

    cordialement

    Laurent DENISE
    celles sur belle
    07 82 84 2015

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