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Une partie de notre corps nous infecte au quotidien: le saviez-vous ?

Au Mali, se serrer la main est une pratique fréquente. Pourtant la main est le véhicule privilégié de la transmission des microbes. A chaque contact avec une surface ou une personne contaminée, bactéries et virus s’y déposent.

«Le manque d’hygiène des mains est devenu le facteur favorisant des maladies dites celles des mains sales», indique Dr Dramane Sogoba, du Service des maladies infectieuses au CHU de Point G. Pays tropical, on  retrouve au Mali les mêmes maladies que sous les tropiques, notamment la turista et des maladies du péril fécal.

Aux dires de Dr Sogoba, deux types de flores (bactéries) colonisent notre peau. D’abord, notre propre microbiote ou flore naturelle est constituée d’un très grand nombre d’espèces qui sont propres à chaque individu. «Ces bactéries sont, pour la grande majorité, inoffensives et seule une petite partie de ces bactéries dites pathogènes opportunistes peuvent, dans certaines situations uniquement, causer des infections», explique le spécialiste.

Ensuite, le deuxième type de flore retrouvé sur notre peau correspond à ce qu’on appelle la flore transitaire. Comme son nom l’indique, il s’agit de microbes présents momentanément et que nous échangeons à chaque contact avec un objet ou une personne. Une grande diversité de microbes peut être ainsi transportée, dont certaines bactéries néfastes pour notre santé. A noter que celles-ci peuvent toutefois être facilement éliminées par un simple lavage au savon. «Devant une telle diversité de possibilités, il est donc impossible d’effectuer une liste précise des microbes présents dans la main», indique le chercheur.

Les virus de la turista appelé aussi diarrhée du voyageur et des maladies du péril fécal ou maladies des mains sales sont le plus souvent transmis par une poignée de main.  Selon Dr Sogoba, ces maladies sont entre autres: le choléra, les gastro-entérites virales (rotavirus), les dysenteries bacillaires ou shigelloses, les campylobactérioses, les yersinioses, les colibacilloses qui provoquent des diarrhées glairo-sanglante, l’amibiasecolique, les hépatites virales A et E et la poliomyélite.

«Théoriquement, tout peut s’attraper par les mains. Nous les portons assez souvent à notre nez ou à notre bouche», informe l’infectiologue. Les deux gestes que nous faisons le plus fréquemment pour nous contaminer par voie oro-fécale. Le risque dépend aussi de la survie de l’agent pathogène sur la surface atteinte, et de l’infectiosité de celui-ci, mais les mains se prêtent bien à la contagion. Tous les agents pathogènes que nous connaissons restent sur les mains explique-t-il.

Les mesures de prévention sont simples: se laver régulièrement les mains, avec de l’eau et du savon ou du gel hydro-alcoolique. Cette mesure d’hygiène est recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé comme la plus importante en prévention des microbes, conclut le spécialiste.


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Mariama Diallo| JSTM.ORG

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