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Traitement de la Covid19 par la médecine traditionnelle: mythe ou réalité


Ce texte est une contribution du Pr Mamadou Koumaré, ancien Conseiller Régional au Bureau de l’OMS/Afrique, chargé des technologies sanitaires modernes et traditionnelles, et Président de la Société Malienne de Phytothérapie


A quelque chose malheur est bon, a-t-on l’habitude de dire. Il a donc fallu que la médecine occidentale (MO) déclare n’avoir pas de médicament ni de vaccin pour lutter contre le SARS-COV-2 pour que les autorités sanitaires du monde entier pensent à l’alternative de la MT; comme elles l’avaient fait à l’avènement du VIH.

Pourtant, elles s’y étaient déjà engagées depuis plusieurs décennies à Alma Ata. Mieux, l’impérieuse nécessité d’avoir des solutions locales d’urgence à nos problèmes devient une évidence ; ceci donne aujourd’hui raison, selon moi, à ceux qui ne cessent d’accorder la priorité à un développement endogène durable. Maintenant qu’il y a une prise de conscience collective, il appartient à ces derniers de saisir l’opportunité offerte, malgré un environnement de panique et de surenchère pouvant permettre aux ‘’faux thérapeutes traditionnels’’ de discréditer notre art ancestral de guérir. C’est pourquoi j’ai jugé indispensable d’apporter une contribution à la recherche de solution au traitement de cette pandémie ; mais aussi, d’une manière générale, à la prise en charge de la maladie en MT. Encore une fois, pour une meilleure compréhension de tout ce qui va être dit, j’ai pensé opportun de profiter pour rappeler et donner mon point de vue sur les principaux préjugés formulés contre la MT et clarifier le sens de certains termes et concepts.  

Je ne partage pas l’idée selon laquelle, qu’au nom d’une certaine ‘’universalité’’, certains continuent à penser que la MT doit être évaluée avec la même méthode que celle utilisée pour la MO. Concernant les médicaments par exemple, l’acceptation d’une ‘’procédure d’évaluation à la manière occidentale allégée’’ n’est point suffisante ; et ne peut pas être une solution pour les médicaments traditionnels améliorés (MTA). Les raisons qui ont amené à faire cette concession d’allègement doivent permettre d’adopter une méthode d’évaluation plus adaptée et plus appropriée aux pratiques traditionnelles (Cette méthode fera l’objet du Dossier du prochain bulletin). Mieux, celle préconisée pour la MO et qu’on veut ‘’universaliser’’, n’est pas toujours aussi ‘’scientifique et rigoureuse’’ que l’on veut faire croire. En effet, suivant les situations qualifiées de ‘’conditionnelles, accélérées, exceptionnelles, compassionnelles’’, les ‘’quatre phases préconisées pour le développement des médicaments avec ces conditions multiples et variées pour leur mise sur le marché (ce qui prend dix à quinze ans en principe), ne sont pas toujours respectées (parfois quelques mois) ;  d’où les polémiques autour des résultats (dits scientifiques) publiés, compte tenu des intérêts et des enjeux. En effet, le dispositif de l’autorisation temporaire d’utilisation (ATU) des médicaments innovants rencontre de multiples difficultés (Rapport d’information N°569 du 13 juin 2018 du Senat français sur ‘’l’accès précoce à l’innovation en matière de produits de santé’’).

Ces difficultés semblent avoir parfois conduit au ‘’dérapage du Corona-business’’ ;  comme celui auquel se livrent actuellement les ‘’faux thérapeutes traditionnels’’. Depuis la déclaration de la pandémie de COVID- 19 à ce jour, de nombreuses recettes pour sa prise en charge ont inondé les rues et les marchés. Que faut-il en penser ?

Tout d’abord il faut saluer le fait d’avoir pensé que la MT peut être une alternative en cas d’inapplicabilité de la MO ; mais je pense qu’il faut aller plus loin afin d’établir une équité entre les deux pratiques de soins ; même si la première nommée demande à être mieux organisée et mieux développée.

Concernant le service médical rendu, nul ne conteste aujourd’hui son apport ; il suffit de se référer au pourcentage de la population qui y a recours (80% et même plus parfois dans certains pays). Quant à l’efficacité, la posologie et la sûreté de ses médicaments, lesquelles constituent l’essentiel des critiques, nous disons que ces dernières ne sont pas fondées pour les pratiques du ‘’vrai thérapeute traditionnel’’…Téléchargé le magazine n°23 de juillet 2020 pour lire la suite

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