L’équation de la gestion de l’eau dans la region du Bafing au Mali: Cas du cercle de Bafoulabé Sept 2012

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Le Mali est un vaste pays continental à l’intérieur de l’Afrique Occidentale qui a commencé, à partir de 1992, à se doter de textes législatifs pour une gestion efficace des ressources naturelles. L’existence de ces textes à coté des règles coutumière provoque la superposition de droits et de légitimités qui donnent souvent naissance à des conflits violents.
Dans cet article, tout en analysant les différentes législations relatives à la gestion de l’eau au Mali, nous discuterons de la situation de deux cas de conflits avant de prospecter des cas de conflits latents dans la région étudiée.
Notre étude se passe dans le cercle de Bafoulabé dans la région administrative de Kayes à l’Ouest du Mali.2 Les travaux de construction du barrage de Manantali en 1987 ont entrainé une convergence de populations dans la zone, d’où un accroissement exceptionnel de la population de la commune de Bamafélé. Dans le cercle de Bafoulabé, la zone concernée par notre étude est la région du barrage de Manantali au Sud du cercle et la commune de Diakon au Nord dans la partie malienne du bassin du fleuve Sénégal. Comme nous l’avons déjà
mentionné, les impacts de l’aménagement, de la construction du barrage sur les populations de Manantali et les ressources naturelles de cette région sont énormes et sont de deux catégories : positifs3 et négatifs4. En plus de cette situation, malgré l’abondance en eau dans cette région, deux problèmes apparaissent : dans les zones du fleuve et du barrage, l’eau est abondante mais il n’y a pas assez d’aire pour le pâturage ; dans les régions élevées à l’intérieur du cercle, l’herbe est abondante mais l’eau manque. Ce qui fait que les troupeaux de boeufs se dirigent vers Bafoulabé non seulement en provenance du Nord de Kayes au Mali, mais aussi du Sénégal et de la Mauritanie. Ainsi, malgré l’abondance en mares et en fleuve, la zone fait face à une pénurie d’eau potable et de satisfaction d’autres activités liées à celle-ci.
Dans cette étude, nous considérons le conflit comme étant une contradiction entre deux ou plusieurs personnes (groupe de personnes) qui est susceptible d’arriver n’importe où et n’importe quand. Il est inévitable et inhérent à l’Homme mais n’atteint pas forcement le stade de la violence qui peut être prévenu par des lois ou des règles étatiques ou coutumières.
L’analyse des conflits ne peut aller sans celle de son mode de gestion. La gestion est l’action ou la manière de gérer, d’administrer, de diriger ou d’organiser quelque chose (Larousse 2005). La gestion du conflit consiste donc non seulement à prévenir son
aggravation, mais aussi à sa résolution. Dans cette étude, ce sont les conflits liés à la gestion et à l’acquisition de l’eau dans le cercle de Bafoulabé qui seront analysés à travers deux exemples. La gestion et l’acquisition de l’eau constituent une équation à laquelle sont confrontées les populations de ce cercle. Comment ces populations acquièrent l’eau et comment gèrent-elles les conflits sur sa gestion ? Quelles sont les normes et les institutions utilisées par les paysans de cette région dans la résolution de leurs différends ? Sont-elles effectives ? Pour atteindre notre objectif, nous analyserons d’abord le cadre juridique et législatif de l’eau au Mali avant d’étudier deux cas de conflits et leurs modes de gestion. L’analyse de ces contradictions met en évidence le caractère hiérarchique et pluriel des normes et des institutions dans les collectivités locales.

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