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Production de tomate : Des chercheurs ivoiriens optent pour la technique de greffage sur une variété d’aubergine sauvage

La tomate est l’un des légumes les plus consommés au monde, surtout en Côte d’Ivoire. Malgré les potentialités agricoles de ce pays voisin du Mali, sa production de tomate ne couvre pas ses besoins nationaux de consommation. Cette insuffisance de la production est due aux nombreuses contraintes biotiques. Des chercheurs ont donc mené une étude pour déterminer laquelle, des techniques de greffage en tête et en fente, était efficace.

Intitulée «Contrôle du flétrissement Bactérien de la tomate par l’utilisation de l’aubergine sauvage comme porte-greffe en Côte d’Ivoire», l’étude porte sur l’utilisation de la technique de greffage sur une variété d’aubergine sauvage (solanum torvum) pour contrôler la maladie. Pour l’obtention des plants greffés, deux techniques ont été comparées. Il s’agit de la technique de greffage en tête et celle en fente. La technique de greffe en fente est une des techniques de greffe, le plus simple à pratiquer. Tandis que la technique de greffe en tête nécessite un degré de technicité et d’hygiène.

Les chercheurs dont N’dodo Boni Clovis et Dognimeton Soro ont réalisé l’étude sur une souche de Ralstonia Solanacearum (bactérie) appartenant aux phylotypes provenant du laboratoire de Phytopathologie de l’Université Nangui Abrogoua. La variété de tomate choisie est Tropimech pour sa sensibilité au flétrissement bactérien. Aussi le solanum torvorm (aubergine sauvage) a été choisi comme porte greffe pour son appartenance aux solanacées et à sa vigueur dans les zones où la tomate flétrie. Les techniques de greffe en fente et en tête ont été utilisées.

Aux dires des chercheurs  , les greffages ont été faits sur des boutures déjà enracinées et âgées d’un mois et demi. Après avoir solidarisé le greffon et le porte-greffe, les plants greffés sont protégés par des bouteilles plastiques sélectionnées pour créer un microclimat humide pendant une à deux semaines. Et les plants greffés  sont mis immédiatement à l’abri du soleil  . Cette opération se fait à une fréquence de 3 pulvérisations par jour pendant la saison sèche. En temps pluvieux une brumisation chaque deux jours est suffisante. Après la cicatrisation de la greffe et la reprise de la croissance du plant greffé ; la graine de production en plastique est détachée.

La détermination de la meilleure méthode de greffage a été réalisée par le calcul du taux de réussite de la greffe pour chaque technique de greffe selon une formule précise. Selon les chercheurs, les données ont été prélevées tous les 3 jours. L’inoculation a eu lieu quelques jours après la réussite de la greffe. Il s’agissait de noter l’observation des symptômes de flétrissement. Une fois le flétrissement observé, « le test du verre d’eau» est réalisé pour confirmer la présence de Ralstonia solanacearum.

Après les analyses, les résultats obtenus pour le taux de réussite de tomate sur solanum torvorm varient significativement d’une méthode à une autre, après 1 mois et demi d’acclimatation. La technique en fente a permis d’avoir le plus important taux de réussite. 45% des plants greffés en fente se sont développés après cicatrisation contre 0% des plants de tomates greffé en tête. Cependant dans d’autres études, la technique en tête avait fonctionné.  Toutefois les chercheurs reconnaissent que  la non-réussite de la greffe en tête est due au manque de matériels adéquat et d’environnement propice. Et ce type de greffage nécessite un degré de technicité et d’hygiène qui n’était pas à leur portée.

Par contre, le succès de la greffe en fente est dû à la réussite de la mise en contact des fil en plastique. Les chercheurs notent aussi 55% des greffes en fente qui n’ont pas réussi.

Cette étude a montré qu’avec un peu de technicité et de moyens, il est possible d’obtenir les plants greffés avec la méthode en fente même s’il faut reconnaître que la méthode a besoin d’amélioration, concluent les chercheurs ivoiriens.

Crédit photo à la une : Szasz-Fabian Jozsef/Szasz-Fabian Jozsef – stock.adobe.com

Mariama Diallo|JSTM.ORG

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