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Mali- FHG : Le Labo-HoPE, un laboratoire entre Histoire et Géographie

Fondé, en 2014, par les enseignants chercheurs N’dji dit Jacques Dembélé, géologue du Quaternaire et géomorphologue et Daouda Keita, archéologue, présentement Directeur General du Musée National du Mali, le Laboratoire Hommes-Peuplements-Environnements (Labo-HoPE) se situe au sein de la Faculté d’Histoire et de Géographie (FHG). Connaître l’environnement du Mali et ses milieux naturels, leurs dynamiques, sa faune et sa flore, ensuite comprendre les différents processus d’établissement des foyers de peuplement sur le territoire malien, tels sont les objectifs de ce laboratoire que se partagent historiens et géographes.

« En plus de l’évolution de l’environnement nous travaillons sur les différentes péjorations climatiques et les risques et catastrophes liées au fonctionnement du milieu naturel ainsi que leurs conséquences sur les hommes. En gros, connaître les impacts des changements environnementaux sur les Maliens et y apporter des solutions », explique le Pr Dembélé responsable du laboratoire. Le Labo-HoPE, explique le maître des lieux, est composé de deux unités. La première unité comprend les bureaux et la salle des étudiants. D’ailleurs, en ce moment, une cinquantaine d’étudiants en Licence issues des filières d’histoire et de géographie sont inscrits au laboratoire. Les étudiants travaillent entre autres sur les Systèmes d’Information Géographique (SIG). Cet outil est basé sur la cartographie des espaces naturels. Ces recherches s’effectuent grâce à des logiciels de cartographie. Ensuite, il y a l’unité d’analyse. C’est le centre névralgique du laboratoire, elle est utilisée pour l’étude des échantillons de sols et de roches et des vestiges archéologiques collectés sur le terrain lors des expéditions scientifiques.

En plus des étudiants, le laboratoire compte sept enseignants-chercheurs qui proviennent des deux départements à savoir Histoire Archéologie et Géographie. Dans le cadre de ses missions, le Labo-HoPE a effectué, en 2018, différentes études de terrain qui ont permis de réaliser une carte des zones inondées et inondables de la ville de Bamako. D’après le Dr N’dji dit Jacques Dembélé, l’une des études effectuée par le labo prévoyait l’inondation des parties de Bamako dont les zones inondées par les pluies diluviennes du 16 mai 2019. « Nous n’étions pas étonné de cette catastrophe », explique avec assurance le chercheur. Selon lui, les résultats de leurs travaux n’avaient malheureusement pas été exploités par les autorités. Récemment, le laboratoire a été approché par la Croix rouge dans le cadre de l’étude des phénomènes d’inondation dans certaines villes du Mali.

Toujours dans le cadre de la recherche sur l’environnement malien, des travaux sont en cours. Cette fois-ci ils sont menés par des étudiants sous l’égide des chercheurs. Les travaux sont basés sur l’étude du miel produit au Mali. Les abeilles en faisant du miel se déplace de fleur en fleur pour cueillir du nectar. Grâce à cette migration entre les arbres, en plus des nectars le miel produit sera composé de pollens issus de plusieurs types d’arbres. A la fin des études, les résultats doivent permettre de dresser une cartographie végétale du Mali : « A ce jour une centaine d’échantillons de miel a été collectée dans différentes zones climatiques du Mali. En analysant ces éléments nous serions en mesure de faire la signature pollinique du miel de chaque zone. L’avantage est que ça permettra aussi de connaitre l’origine de tous les miels produits au Mali » explique le spécialiste en géologie du Quaternaire.

Un début difficile pour le Labo-HoPE

En termes de partenariat, malgré les nombreuses études et résultats, le laboratoire Hommes-Peuplements-Environnements n’arrive pas à nouer des collaborations officielles. Pour le Dr Dembélé, cela est due à une absence de document officiel de création. « Le laboratoire n’existe pas officiellement, nous n’avons pas de papier de création, les autorités n’ont jamais voulu prendre la responsabilité de signer le papier ». Néanmoins, se réjouit le chercheur, des « timides » partenariats existent entre le laboratoire et des établissements de recherche chinois à savoir : l’Université des Géosciences de Chine et le bureau d’investigation géologique de Chine.

En plus du manque de décision de création, le laboratoire Hommes-Peuplements-Environnements fait face à un manque de financement : « Depuis près de 4 ans l’État malien met à notre disposition plus de 100 millions de FCFA pour acheter des équipements et faire tourner le laboratoire, mais impossible d’avoir accès à ces fonds. A chaque fois quand ça arrive au niveau du budget ça bloque. Quelques matériaux ont été financés par l’État mais la moitié de ces équipements sont personnels », a déploré le Dr Dembélé, responsable du laboratoire Hommes-Peuplements-Environnements.

Omar Sissoko|JSTM.ORG

 

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