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Lutte contre l’insécurité alimentaire : des femmes maliennes s’exercent à la culture hors-sol

L’hydroponie ou la culture hors sol est un type de culture qui permet entre autres d’accélérer le processus de maturation de tous les végétaux à savoir, les fruits, légumes, plantes fleuries, plantes médicinales, arbustes, en les cultivant dans des substrats autres que la terre de culture.

Dans une interview accordée au Journal scientifique et technique du Mali (JSTM), Sirebara Fatoumata Diallo, directrice du centre de formation de la femme rurale, indique que la culture hors sol pourrait être l’une des clés pour sortir de l’insécurité alimentaire au Mali. Les femmes de son centre ont créé des entreprises grâce à cette culture. Interview…

JSTM : Comment avez-vous su qu’il était possible de pratiquer la culture hors sol au Mali ?

Sirebara Fatoumata Diallo : C’était au cours d’un voyage avec l’un de nos animateurs à la chambre d’agriculture que nous avons découvert la méthode de culture hors sol. Nous étions en Tananarive, dans la capitale de Madagascar, lorsque j’ai remarqué des potagers dans les balcons et les espaces derrière les fenêtres des Malgaches. C’est là-bas que j’ai vraiment vu l’importance des méthodes hors sols. Et donc, de retour au Mali avec mon co-équipier, nous nous sommes rendu compte qu’à côté de nous, au Sénégal, ce type de culture était pratiqué. Nous sommes donc rentrés en contact avec certains Sénégalais et avions bénéficié d’une formation. A mon retour de Dakar, j’ai formé 60 femmes issues des six (06) communes du district de Bamako. C’est à partir de là, qu’on a créé le Centre de formation de la femme rurale pour bien vulgariser le système.

Etes-vous en train de dire que la pratique de la culture hors-sol est récente au Mali ?

Non pas tout à fait ! Elle n’était pas vulgarisée. C’est depuis 2007 que nous avions commencé à vulgariser cette culture avec le soutien du ministère de l’Agriculture et du Fonds d’appui à la formation professionnelle et apprentissage (FAFPA).

Cultivez-vous pour des besoins de consommation familiale ou commercial ?

Les deux ! Parce que nous vendons ce que nous avons de surplus. Et aujourd’hui grâce à cela nous avons ouvert une entreprise qui nous faire vivre. Car, avec la culture hors sol, on cultive pendant toute l’année sans attendre l’hivernage. Dans le centre nous cultivons toutes sortes de plantes, de légumes, papayes, etc… En effet, tout ce qu’on cultive par terre, on le cultive dans la méthode hors sol. Tout, sans exception. J’ai même cultivé du riz Nérika sur des tables.

Vous exploitez les toits des maisons et les balcons. Ne pensez-vous pas que cette pratique a des conséquences pour ces maisons ?

Aucune conséquence parce que les potagers n’ont aucun effet sur le poids du bâtiment. Je rappelle que dans notre technique, nous n’utilisons aucun produit chimique qui pourrait dégrader l’environnement. Nous ne faisons seulement que du bio.

Quel conseil avez-vous à donner à ces personnes qui voudraient pratiquer le maraichage hors sol ?

Mon premier message c’est à l’endroit des jeunes qui passent leur temps à prendre du thé et qui disent « il n’y a pas de travail au Mali. » Qu’ils se lèvent et se mettent à cultiver et à prendre conseil auprès de nous. Si tous ces jeunes-là se lèvent, je suis sûre qu’on parlera de souveraineté alimentaire au Mali, par ce que Bamako pourra nourrir Bamako. Je souhaiterais aussi inviter toutes les femmes à pratiquer la culture hors-sol, car tout le monde peut la pratiquer et même les retraités.

Propos recueillis par Yacouba Sangaré

Passionné par les sciences, et relations humaines, je partage avec vous les nouvelles découvertes, des situations les plus insolites aux dossiers les plus intéressants.

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