Environnement

Le green muscle: nouvelles armes contre les criquets pélerins

Les invasions acridiennes constituent un réel défi pour de nombreux pays comme le Mali. Elles occasionnent l’utilisation massive et à grande échelle de pesticides sur des écosystèmes variés. Pour réduire Les doses d’utilisation et la nature des pesticides utilisés qui présentent des risques potentiels importants pour les insectes non cibles et l’environnement, le Mali a développé depuis 2010 une nouvelle stratégie la lutte contre les criquets pèlerins. Il s’agit notamment de l’utilisation des produits biologiques comme le Green Muscle et le Neem.

Le centre national de lutte contre les criquets pèlerins prévoit de faire 40% de leur intervention avec les produits biologiques au Mali.

« La lutte contre les criquets pèlerins avec les produits biologiques consiste à l’utilisation de certains produits qui  vont créer un certain effet sur le criquet sans qu’on ait besoin des produits chimiques. Il s’agit d’éliminer les criquets sans passer par les pesticides chimiques »,

Soutient Oumar Traoré, le responsable suivi et évaluation au Centre National de Lutte contre les Criquets Pélerins (CNLCP) du Mali. Pour le Dr Mamadou Camara consultant auprès de la FAO « le Metarhizium anisopliae ou green muscle présente l’atout capital de ne s’attaquer qu’au criquet pèlerin et rien qu’à lui. La mortalité peut atteindre parfois les 100% », estime-t-il.

L’autre produit qui a prouvé son efficacité dans la lutte anti acridiennes est le Neem

« qui est efficace sur le criquet et agit de plusieurs façons (effet répulsif, perturbation de la mue, inhibition de la locomotion, dérèglement du mécanisme hormonal du criquet). En outre il perturbe la grégarisation des criquets pèlerins. C’est aussi des hormones régulatrices de croissance des insectes (IGR) qui bloquent la capacité des larves de criquet à muer correctement »,

Note Abou THIAM, Coordinateur de Pesticide Action Network (PAN) Africa basé à Dakar, dans une présentation des moyens de lutte contre les criquets pèlerins.

Malgré ces performances les pesticides biologiques sont difficiles à conserver et ont un cout élevé, estime Cheick Hamallah Sylla, consultant auprès de la FAO.

« C’est un produit cher et qui se dégrade rapidement. Le délai de conservation est d’une semaine. Il faut une chaîne de froid pour assurer la conservation. Dans le cas contraire il perd sa viabilité »,

fait-il remarquer.

Harouna Fomba, Journaliste scientifique

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