L’avenir de l’agriculture passera par les nouvelles technologiques

0

Au fil des siècles, les agriculteurs ont adopté davantage de technologies à la recherche de rendements plus élevés. Les progrès de la robotique et des technologies de détection bouleversent désormais le modèle agro-industriel traditionnel. Aujourd’hui, les robots intelligents ont le potentiel de changer le modèle économique de l’agriculture afin qu’il devienne accessible même aux petits producteurs. Tour d’horizon de cette révolution technologique agricole avec des innovations issues des quatre coins du monde.

Comme nous l’avions déjà abordé dans un précédent article « AgTech : les nouvelles technologies au service de l’agriculture », la robotique et les technologies de détection sont en train de changer la façon dont nous produisons de la nourriture. L’un des plus grands défis de l’agriculture moderne est de produire suffisamment de nourriture pour répondre à la demande croissante de la population mondiale, tout en respectant l’environnement. C’est là que la robotique et les technologies de détection peuvent jouer un rôle clé.

Partout dans le monde, dans des serres consacrées à la production de fruits et légumes, des ingénieurs de l’Agtech travaillent sur l’automatisation pour réduire les coûts et améliorer la qualité. Des dispositifs de surveillance de la croissance des légumes et des cueilleurs robotisés sont déjà en cours de développement et de test. Des travaux sont également menés pour améliorer le suivi et le maintien de la qualité des sols, et pour éliminer les ravageurs et les maladies sans recourir à l’utilisation aveugle de produits agrochimiques. Du côté des éleveurs, des technologies de détection sont élaborées pour aider à gérer la santé et le bien-être de leurs animaux.

Nouvelles technologies de cueillette

Les Pays-Bas sont réputés pour l’efficacité de leurs immenses serres de culture de fruits et légumes. Mais ces opérations dépendent des ouvriers agricoles pour cueillir les produits. Des chercheurs de l’université de Wageningen aux Pays-Bas travaillent actuellement sur une récolteuse de poivrons. L’enjeu est d’identifier rapidement et précisément le poivron et d’éviter de couper la tige principale de la plante.

À l’aide de capteurs et d’algorithmes avancés, le robot Sweeper est capable de localiser les fruits et de détecter leur maturité. Il peut aussi détecter les obstacles sur son chemin et calculer un itinéraire sans collision pour atteindre le fruit, garantissant ainsi un espace maximal pour sa préhension et son détachement.

Au Royaume-Uni, des chercheurs ont mis au point une récolteuse de fraises qui, selon eux, peuvent cueillir les fruits plus rapidement que les humains. Ce sont ses puissants algorithmes qui lui permettent de cueillir une fraise toutes les deux secondes, soit environ 30 à 50% plus vite que les ouvriers agricoles. Le robot est également capable de détecter et d’éliminer tout fruit infecté, moisi ou pourri plus efficacement qu’un ouvrier qualifié.

Selon les chercheurs de l’Université Harper Adams qui l’ont mis au point, l’objectif du projet n’est pas de supplanter l’homme, mais « d’atteindre ou d’améliorer les performances humaines de cueillette de fruits avec une plus grande cohérence et une capacité de travail 24h/24 et 7j/7 à moindre coût opérationnel tout en réduisant les frais de gestion associés à la main d’œuvre saisonnière ».

Élimination des ravageurs et des maladies

L’ONU estime que 20 à 40% des rendements agricoles mondiaux sont perdus chaque année à cause des ravageurs et des maladies, malgré l’application d’environ deux millions de tonnes de pesticides. Des dispositifs intelligents, tels que des robots et des drones, pourraient permettre aux agriculteurs de réduire l’utilisation de produits agrochimiques en repérant plus tôt les ennemis des cultures et en appliquant de façon ciblée les produits chimiques.

Par exemple, l’entreprise américaine Agribotix fournit des drones et des logiciels pour l’analyse de données agricoles. Les drones utilisent des images infrarouges pour cartographier les zones de végétation malades dans les grands champs et pour révéler les causes potentielles, telles que les parasites ou les problèmes d’irrigation.

La technologie moderne peut éliminer les ravageurs de manière autonome et mieux cibler les produits agrochimiques, ce qui réduit les dommages collatéraux à la faune, la résistance et les coûts. La pulvérisation ciblée peut utiliser jusqu’à 99,9% moins d’herbicide que la pulvérisation en couverture conventionnelle. Des chercheurs travaillent également sur des robots qui peuvent supprimer complètement les produits chimiques en utilisant des lasers pour éradiquer les mauvaises herbes.

La surveillance des bêtes

Depuis 2010, des colliers intelligents sont utilisés pour surveiller les vaches en Écosse. Développés par la start-up israélienne Silent Herdsman, ces colliers surveillent la fertilité des vaches en suivant leur activité. Les agriculteurs sont alertés par SMS lorsqu’une vache est prête à s’accoupler. Les colliers peuvent également détecter les premiers signes de maladie en surveillant le temps moyen que chaque vache passe à manger et à ruminer.

Parallèlement dans d’autres projets, des chercheurs analysent les niveaux de cétones et de sulfures exhalés dans l’haleine des vaches pour révéler des problèmes de santé. Des caméras thermiques peuvent également être utilisées pour détecter les mamelles chaudes et enflammées, permettant un traitement plus rapide.

En France, la société Copeeks a mis au point un système de caméras pour surveiller notamment toute anomalie dans le comportement de bêtes (volailles, porcs, bovins), réglant ainsi plus de 90% des problèmes rencontrés. De son côté, la société SoundTalk a développé un monitoring de toux pour signaler les problèmes respiratoires chez les porcs, permettant d’identifier rapidement les individus malades et d’apporter un traitement approprié.

Préservation des sols

Image par Bruce McLennan de Pixabay

La robotique et les machines autonomes peuvent aider les agriculteurs à protéger leurs terres arables, qui représentent leur principale source de richesse. Les drones peuvent être utilisés pour cartographier la biomasse et identifier les zones qui ont besoin d’interventions telles que la fertilisation.

La société française de technologie agricole Airinov avait démontré, lorsqu’elle était encore en activité, qu’en utilisant les données des drones, les agriculteurs pouvaient économiser en moyenne 107€ par hectare et par an en utilisant moins d’engrais azotés pour la culture du colza et 69€ pour le blé. Le robot Bonirob, développé à l’Université des sciences appliquées d’Osnabrück, est capable quant à lui de mesurer des indicateurs de la qualité du sol, tels que le compactage et les niveaux de phosphore, en analysant simplement un échantillon de sol. Enfin, le robot RIPPA de l’Université de Sydney peut détecter les caractéristiques du sol qui affectent la production agricole, en mesurant la conductivité du sol.

La cartographie des sols ouvre la voie à l’ensemencement différencié de différentes variétés de cultures pour mieux correspondre aux propriétés changeantes du sol. Les méthodes agricoles traditionnelles, telles que les vastes champs en monoculture, sont remises en question en faveur d’une utilisation plus intelligente des ressources et de la biodiversité.

Pour conclure

Bien que certaines de ces technologies soient déjà disponibles, la plupart sont encore à l’étape de la recherche dans des laboratoires et des entreprises dérivées. Les grands fabricants de machines n’investissent pas encore dans la fabrication de robots agricoles, ce qui est un obstacle pour leur mise en œuvre à une plus grande échelle.

Cependant, un groupe croissant de scientifiques estime que la technologie peut révolutionner les pratiques agricoles et doubler la production alimentaire. La robotique et les technologies de détection peuvent jouer un rôle crucial dans la résolution des défis de l’agriculture moderne et dans la production de nourriture plus efficace et durable. Les développements continus dans ce domaine pourraient changer à jamais notre façon de produire de la nourriture.

Source : www.mutualia.fr

Laisser un commentaire