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Laboratoire national des Semences : un rempart contre la mauvaise qualité des semences au Mali

Le Laboratoire national des Semences (Labosem) est le service officiel d’analyse de qualité et de contrôle des semences au Mali. Rattaché, depuis 2005, à la Direction nationale de l’Agriculture, le Labosem est dirigé par Dioncounda Camara, inspecteur phytosanitaire et agronome.

«L’idée d’un laboratoire des semences remonte à l’indépendance du Mali», indique Dioncounda Camara. Les plus hautes autorités de l’époque, selon lui, ont vite compris l’importance de la sélection des semences pour une agriculture ambitieuse. Bien qu’il ait existé sous diverses appellations, le Laboratoire national des Semences a été ainsi baptisé en 1990. Il sera ensuite rattaché à la Direction nationale de l’Agriculture (DNA), en 2005.

Le Labosem a deux missions fondamentales : mettre à la disposition des pouvoirs publics, des sélectionneurs, des distributeurs de semences et des agriculteurs, des informations inhérentes de contrôle, la certification et la diffusion de semences des variétés approuvées.

«Nous contribuons également à la formation des acteurs de la filière semencière, et aussi l’encadrement des étudiants finalistes sortant des instituts de recherche (IPR…) », assure le Chef intérimaire du Labosem. Et prend le soin de préciser que « la mission du laboratoire n’est pas de distribuer les semences aux paysans ».

298 variétés pour 9 espèces

Au Mali, les règles de gestion, de production, de commercialisation et de contrôle de qualité des semences d’origine végétale sont régies par la Loi n°10-032 du 12 juillet relative aux semences végétales. Selon ce texte, les semences homologuées doivent être inscrites dans le Catalogue officiel, un répertoire pour toutes les variétés approuvées au Mali. Ce catalogue contient aujourd’hui 298 variétés pour 9 espèces, à savoir : le mil, le maïs, le sorgho, le niébé, le riz, l’arachide, la tomate, l’oignon, l’échalote.

Pour figurer dans ce catalogue, une semence obéit à un éventail d’analyses, dont, l’analyse de la priorité spécifique, qui permet de voir les impuretés dans la semence. Ensuite vient l’analyse de la faculté germinative. Celle-ci est faite pour voir si la semence est reproductive ou pas et avoir des informations sur le nombre de germinations de chaque espèce. Enfin, l’analyse de la priorité variétale, permet d’avoir des informations sur l’authenticité de la semence soumise à l’observation.

Dioncounda Camara a tenu a précisé que, «L’analyse des qualités des semences se fait après le contrôle des plants aux champs.» Ainsi, trois contrôles sont nécessaires: le premier a lieu avant la floraison, le deuxième pendant la floraison, et le dernier après la floraison.

En quête d’autonomie…

De par sa mission, le laboratoire national des Semences sert de pont entre la recherche et les producteurs. Dans un pays à vocation agricole, un tel laboratoire est un rempart contre la mauvaise qualité des semences dont se plaignent chaque année les paysans.

Pourtant, malgré son importance, le Labosem est en quête d’autonomie. Ses seuls revenus sont tirés des rares analyses effectuées dont les prix de prestation varient de 750 Fcfa à 2 500 Fcfa.

«Sur le plan technique le laboratoire n’est pas créé officiellement», dénonce Dioncounda Camara. Pour l’actuel directeur, l’autonomie financière et gestionnaire du Labosem sera acquise, s’il est accrédité et affilié à l’International Seed Testing Association (ISTA).

Martine Diarra | JSTM.ORG

1 Comment

  1. Merci pour ton article sur le laboratoire national des semences. Mais il est à signal et qu’il y a une erreur de frappe ou de compréhension au niveau des paramètres à analyser au laboratoire : il s’agit de la pureté spécifique et de la pureté variétale. Au lieu d’écrire “pureté ” vous avez écrit “priorité ” . A cet effet il est donc nécessaire de remplancer ce mot qui change carrément le sens de la phrase. Notamment les deux paramètres d’analyses : pureté spécifique et variétale. Merci encore et bon vent à votre site de publication

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