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La médecine traditionnelle a-t-elle découvert le remède de l’insuffisance rénale

D’après des affirmations relayées des milliers de fois sur les médias sociaux, les patients souffrant d’insuffisance rénale devraient se réjouir de la découverte d’un remède traditionnel qui guéri « totalement » la maladie. Que dit la science ?

« Pour Guérir de l’insuffisance rénal, il faut régulièrement boire du jus d’oignon rouge mélangé au miel » soutient un internaute sur les réseaux sociaux. Ce message a été repris des dizaines de milliers de fois avec des messages de remerciements adressés à l’internaute. Pourtant, d’après les investigations du Journal scientifique et technique du Mali, aucun autre moyen ne permet de soigner, à ce jour, les personnes atteintes d’insuffisance rénale, en dehors d’une dialyse et d’une transplantation rénale.

Bien sûr, la communauté scientifique a montré que l’oignon ou Allium cepa a des propriétés bénéfiques pour la santé et le miel entre aussi dans la préparation pharmaceutique de nombreux médicaments.

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Cependant, rien n’indique que le mélange de jus d’oignon au miel est efficace contre l’insuffisance rénale. Une maladie qui se traduit par la diminution plus ou moins importante des fonctions des reins.

Dans une étude dirigée par le Pr Drissa Diallo, ex-expert de l’Organisation mondiale de la santé, un chercheur a montré que « l’oignon est utilisé dans la médecine traditionnelle pour traiter, en externe, les furoncles, les panaris, les blessures et les piqûres d’insectes, et en interne pour soulager la toux, la bronchite, l’asthme, les affections gastro-intestinales et la migraine. »

De même, une autre étude baptisée « les vertus d’Allium cepa Linné (Liliaceae) ou oignon », publiée dans la bibliothèque numérique de l’université d’Antananarivo à Madagascar, a montré des activités curatives sur les reins de rats diabétiques.

Ces rats avaient été soumis à un régime alimentaire à base d’oignons. Ainsi, la glucoquinine et les constituants sulfurés contenues dans l’oignon ont fait baisser le taux de sucre et empêcher le développement du diabète. Cette expérience a été également prouvée chez l’homme et a montré que « l’oignon pouvait aussi être utilisé comme complément alimentaire dans la gestion du diabète sucré de type 1 et/ou de type 2 ». 

De plus, des essais contrôlés chez l’homme ont démontré que le miel agit contre les pathologies cutanées, la toux, la mucite et les troubles métaboliques. 

Toutefois, ni l’oignon, ni le miel ne figurent parmi les remèdes utilisés dans la médecine traditionnelle, pour traiter l’insuffisance rénale. L’étude réalisée par le néphrologue Adama Lengani, du CHU Yalgado Ouedraogo de Ouagadougou au Burkina Faso, soutient cette allégation. Le chercheur présente une liste de plante utilisée en médecine traditionnelle pour prendre en charge les malades de l’insuffisance rénale. Ces plantes agissent toutes sur les symptômes de l’insuffisance rénale mais ne la guérissent pas.

Interrogé par JSTM, Dr Yacouba Diallo, responsable du comité scientifique de l’Association malienne de lutte contre l’hémophilie et autres coagulopathies fait une révélation.

« Les tradithérapeutes confondent très souvent la disparition des symptômes avec la guérison d’une maladie. Il y a guérison lorsque les symptômes et la cause de la maladie disparaissent » a-t-il-révélé.  

Dans une interview accordée à un confrère de l’Agence France Presse, le Dr Anne-Hélène Querard, néphrologue à l’hôpital de Vendée, sur la côte ouest de la France, a déclaré qu’« il n’existe pas de remèdes alimentaires ou naturels reconnus pour l’insuffisance rénale. Le plus important est de surveiller la consommation de sel et de manger sainement : Pas trop salé, pas trop sucré, pas trop gras. »

Par conséquent, l’oignon et le miel ne sont pas des traitements efficaces contre l’insuffisance rénale. 

La prise en charge prouvée à l’heure actuelle est la transplantation rénale, qui consiste à mettre en place chirurgicalement chez les patients malades, le rein sain d’un donneur et la dialyse qui permet de suppléer certaines tâches des reins.

Mardochée BOLI | JSTM.ORG

Passionné par les sciences, et relations humaines, je partage avec vous les nouvelles découvertes, des situations les plus insolites aux dossiers les plus intéressants.

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