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Désertification au Mali : Quelles plantes pour freiner le phénomène ?

La désertification gagne du terrain.  Le rapport spécial du GIEC, publié en août 2019, sur «le changement climatique, la désertification, la dégradation des terres, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire, et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres.», l’atteste. Pourtant, la désertification n’est pas un processus irréversible et dans les pays du Sahel, des plantes ont prouvé leur efficacité dans la lutte contre le phénomène.

La désertification est le processus de passage de la terre fertile à une terre dégradée. Avec deux-tiers de son territoire occupé par le désert, le Mali est frappé par le phénomène de l’avancée du désert estimé à environ 7 kilomètres par an. Les causes de cette avancée du désert sont, selon le rapport provisoire Profil Environnemental du Mali, avril 2019, à la fois naturelles et liées aux activités humaines. Dans le cadre de sa mission de création d’une bande verte, sur une superficie d’environ 3 099 000 ha, l’Agence nationale de la Grande Muraille Verte (GMV), mise sur « différentes espèces locales à grande valeur économique ».

« Dans la lutte contre la désertification, les espèces locales sont conseillées », indique Ibrahim Ag Sindibla, Directeur de l’agence de la Grande Muraille Verte du Mali. Aussi bien dans le Nord que pour les régions du Sud, les plantes utilisées ont généralement, selon Ibrahim Ag Sindibla, quatre caractéristiques. La première consiste à prendre en compte la faculté de la plante à survivre dans des environnements secs et prospères. D’où l’expression chaque plante à son milieu. La seconde repose sur la capacité des plantes à résister au stress hydrique présent dans la localité. La troisième est la capacité de la plante en matière d’apport dans la fertilité du sol. C’est-à-dire une espèce qu’apporte de l’amélioration à la productivité du sol. La dernière caractéristique est celle de l’utilité de ces plantes pour la communauté.

Des plantes pour arrêter le désert

Entre 2013 et 2017, l’Unité de la Grande muraille verte au Mali a restauré 120 ha de terres dégradées et mis en terre 135 472 plants constitués d’espèces locales. Les espèces utilisées sont entre autres:

  • Acacia senegal: gommier en français, (Zadjè, en bambara) l’Acacia senegal est une espèce de plante caractéristique du sahel africain. Le gommier est une plante dont la hauteur varie de 4 à 6 m. Il peut vivre jusqu’30 ans dans des zones où la sécheresse peut atteindre 11 mois. L’Acacia senegal est adopté par la population à cause de la qualité de sa gomme arabique utilisée dans l’agro-alimentaire, en médecine ou en pharmacie. Dans l’agroforesterie, l’Acacia senegal fixe bien le sol grâce à ses racines latérales très ramifiées.
  • Balanites aegyptiaca: appelé en français Dattier du désert, c’est une espèce omniprésente dans la région sahélienne. Elle est très résistante à la sécheresse et s’adapte facilement. C’est une plante aux nombreuses utilités, très estimée par les populations locales pour ses fruits et ses amandes comestibles. En médecine traditionnelle, l’écorce, les racines, les fruits et les feuilles du Balanites aegyptiaca sont utilisés contre les maux de ventre, la stérilité, les maladies mentales, la fièvre jaune et les maux de dents.
  • Zizyphus mauritiana : Appelé jujubier, cette plante tolère les rayons directs du soleil et la sécheresse. Même à des températures supérieures à 40°C et sans arrosage, les feuilles ne sèchent pas et les fruits poussent normalement. Ses fruits séchés sont connus pour leurs vertus pectorales (lutte contre les affections pulmonaire), soulagent aussi le rhume et la toux.
  • Acacia nilotica autrement dit acacia à gomme, (Bouana en bambara) se distingue des autres acacias par ses épines longues et droites. On trouve cette plante sur toute l’Afrique de l’ouest. La décoction de l’écorce de la plante est utilisée en compresse pour le soin des plaies et des ulcères où elle favoriserait la cicatrisation. En bain, elle aide à soulager les hémorroïdes.
  • Acacia albida ou Faidherbia albida: (Balanzan en bambara), cette plante se développe dans les sols sableux sahéliens. Son bois est utilisé pour la fabrication des mortiers, pilons, meubles, tambours, pirogues. Cette espèce fournit un aliment abondant au bétail.
  • Tamarix aphylla : Le tamarix (en français) est utilisé pour la fixation du sable et aussi pour la protection contre le vent. Son bois est utile pour la construction (perches). Ses fruits en infusion sont efficaces contre le rhume.

Mariama Diallo|JSTM.ORG

1 Comment

  1. Dans le Sahel : près de NIORO par exemple reforester avec diversité , clôturer ET surveiller strictement 5 ans minimum et vous obtenez une dynamique forestière
    G Merlin

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