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Culture de maïs : Des chercheurs maliens découvrent une «meilleure» technique pour augmenter le rendement de grains

Quatre chercheurs de l’Institut d’Economie rurale se sont penchés sur une technique agricole associant le maïs et les légumineuses, pour améliorer le rendement en grains de maïs et la sécurité alimentaire des populations maliennes.

Près de 2,2 millions de Maliens sont touchés par l’insécurité alimentaire, selon le rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA-Mali) publié en février 2021. «Si rien n’est fait, les acteurs responsables de la prise en charge de la malnutrition chez les enfants verront leurs efforts diminués», s’inquiète  Mbaranga Gasarabwe, Coordinatrice de l’OCHA-Mali. Une inquiétude à laquelle, Dr Coulibaly Doubangolo et son équipe de l’Institut d’Economie rurale de Sotuba tentent d’apporter une réponse. 

Les chercheurs ont montré qu’en associant le maïs aux légumineuses tel que le niébé, on augmente ainsi, la quantité de grain de maïs à la récolte et la quantité de fourrage. Cette innovation vient donner un coup de pouce aux efforts déployés par le gouvernement dans l’amélioration de la production céréalière et animalière du pays, où plus de 4,2 millions de tonnes de maïs ont été produites en 2019. 

«Nos recherches ont été menées chez 10 producteurs dans le village de Zoumana-Diassa dans la commune rurale de Kléla (région  de Sikasso)», explique à JSTM, Dr Coulibaly Doubangolo. Les expérimentations ont duré deux ans, de 2013 à 2015. 

Durant ces années, les chercheurs ont sélectionné trois catégories de champ. Un champ constitué uniquement de maïs. Un deuxième champ de maïs est ajouté au niébé; Et le dernier était constitué de maïs et de mucuna. La bonne nouvelle, est qu’à la fin des tests, «les rendements de maïs des trois champs ont été tous supérieurs aux rendements moyens de maïs grain de la zone cotonnière du Mali.»  De plus, les chercheurs ont montré qu’en ajoutant du niébé au maïs dans un champ, la quantité de biomasse obtenue est plus élevée que dans les autres champs.    

Les résultats de recherche, explique Dr Alassane Ba, Co-chercheur de l’étude, ont été publiés dans la revue Agronomie Africaine pour favoriser le développement de systèmes de production innovants d’association maïs-légumineuses dans les zones cotonnières de l’Afrique de l’Ouest.

Toutefois, lorsqu’un producteur est amené à faire un choix entre le niébé et le mucuna, les paysans qui ont fait l’expérience suggèrent de réaliser le semis du mucuna  trente jours (30)  après le semis du maïs. Car disent-ils, cette légumineuse peut étouffer le maïs lors de sa croissance.

 Effet de  la date  de semis  du mucuna sur les  plants de  maïs.

Délicieux sous toutes ses formes, en épi, en grains ou en pop corn, le maïs est une céréale riche en nutriments et en antioxydants essentiels pour protéger l’organisme. Son taux élevé en fibres aide également à rester en forme et favorise une bonne santé digestive. Selon la direction de l’Office du Niger, «le maïs est un important maillon de la production céréalière du pays. Il fait l’objet d’un fonds de commerce des producteurs et de plusieurs revendeurs.»

Aux dires des chercheurs, cette innovation découverte peut favoriser le  développement  de  systèmes  intégrés  de production innovant à base  de cultures fourragères dans la zone cotonnière du Mali et de l’Afrique de l’Ouest.

Sira Niakaté|JSTM.ORG

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