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Ce qu’il faut savoir sur la culture de manioc au Mali

La culture de manioc a débuté au Mali bien avant l’indépendance. Mais le manque de variété performante, la non maitrise des techniques de transformation et de conservation sont autant de problèmes auxquels la filière est confrontée.

La filière manioc peut-elle se développer au Mali ? Dr Moussa Kanté, Enseignant-chercheur à la Faculté d’agronomie et de médecine animale de l’Université de Ségou soutient l’affirmatif en précisant que « le manioc est une production agricole d’avenir. » 

Selon lui, la population paysanne malienne doit se pencher sur la culture de manioc. Car dit-il, « le manioc est une culture adaptée au changement climatique et surtout une source non négligeable de revenu pour de nombreux petits producteurs. » 

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Cultivé au Mali bien avant la période coloniale, le manioc ou « Manihot esculenta » est une plante à tubercules dont la croissance peut s’étendre sur plusieurs années. La grosseur des tubercules varie de 5 à 15 cm de diamètre. La longueur se situe entre 20 et 80 cm. Les feuilles sont utilisées dans la consommation pour faire des sauces et les tubercules sont transformées en attiéké, gari, semoule, placali, foufou, amidon ou farine.  

Aux dires du Dr Moussa Kanté, la diversité de produits dérivés du manioc, devrait aider normalement la population malienne dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. Mais, pour « des raisons d’ordre culturel et agro-technique la culture du manioc tarde à se développer au Mali. »

En effet, « les dérivés alimentaires du manioc ne sont pas des plats classiques de l’univers culinaire des Maliens. Ce qui fait que le manioc est produit au Mali comme légume-fruit (consommer cru). Et à cela s’ajoute la négligence de la culture par les services techniques de développement rural qui ne s’intéressent pas assez à la filière. Et aussi, la culture de manioc est moins vulgarisée au Mali. »

Toutefois, la production du manioc est de plus en plus en hausse. Et les variétés se comptent en dizaine. Loulouni, Farako, Kita moha, Fanaka, Bla, sont entre autres les variétés de manioc cultivé au Mali.

Ces variétés sont confrontées à de nombreuses pathologies qui affectent le rendement. Cependant, après une étude scientifique réalisée par le Pr Ousmane Koïta et quatre autres chercheurs, ceux-ci recommandent aux agriculteurs, la variété « Bla », car expliquent-ils « c’est la variété la plus résistante aux pathologies. »

« Pour une pérennisation de la productivité du manioc au Mali, Bla, la meilleure parmi les variétés maliennes testées, mérite une plus large vulgarisation à travers un déploiement massif dans les zones de production » ont conclu les chercheurs dans leur étude intitulée, « Le manioc au Mali : évaluation préliminaire de la résistance variétale à la bactériose vasculaire causée par Xanthomonas phaseoli pv manihotis

Selon l’étude, le Mali produit par an au moins 100.000 tonnes de manioc. En 2019, le Mali a produit 70 312 tonnes pour environ 5900 ha de superficie emblavées. Soit un rendement d’environ 12 tonnes à l’hectare. En comparaison pour la même période, le maïs et le riz étaient à peu près à 3 tonnes à l’hectare.

Vu ce rendement, Dr Moussa Kanté explique que « dans la quête de diversification de sources et ressources alimentaires, le manioc est une alternative crédible, car il résiste aux températures élevées et à la sécheresse. Il est très adapté au changement climatique. »

Yacouba SANGARE | JSTM.ORG

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