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Cadavres de Covid-19 au Mali: Coincés entre précaution sanitaire et rites mortuaires

A la date du 20 mai 2020, le Mali comptait 55 décès liés à la Covid-19. Un chiffre relativement peu élevé par rapport aux prévisions. Mais, la gestion de ces corps est sujette à discussion et alimente les rumeurs les plus folles. Comment gère-t-on réellement les cadavres de la Covid-19?

Des corps Covid-19 échangés contre d’autres corps; des offres d’argent pour dire que son proche est mort de Covid-19; des propositions d’achat de corps Covid-19…. Au Mali, les rumeurs ne manquent pas autour des morts de Covid-19. L’atmosphère est telle que les populations inquiètes, sont déchirées entre la peur de se s’infecter à travers une dépouille, et la nécessité de respecter les rites mortuaires pour le parent-défunt.

«Les corps sont remis aux parents» a indiqué à JSTM, Ousmane Dembélé, directeur général adjoint de l’hôpital de point G, un des centres de prise en charge des malades de Covid-19 au Mali. Cependant, explique Ousmane Dembélé, les corps sont d’abord « désinfectés» avant d’être remis à la famille. Après le décès d’un patient de coronavirus, tout est désinfecté: le corps, le sac mortuaire et même le chariot. En ce qui concerne le produit désinfectant, il s’agit d’une solution de chlore à 05%.

Ce n’est pas tout, informe le Directeur adjoint de l’hôpital de point G, «il y a une procédure stricte d’accompagnement de la dépouille». L’hôpital travaille avec  les services d’hygiène de la commune dans laquelle se passe les funérailles. Ces derniers accompagnent la dépouille tout au long de la cérémonie funéraire. De plus, lors des préparatifs «le cadavre peut être mis dans le linceul étant dans le sac mortuaire », conseille Dembélé. Par précaution dit-il, le sac mortuaire ne doit plus être ouvert. «Sinon, si un corps est désinfecté, six heures après, le virus n’est plus actif», indique  le directeur adjoint de l’hôpital de point G.

Un corps peut-il transmettre le coronavirus ?

Dans un document sur la Conduite à tenir en matière de lutte anti-infectieuse pour la prise en charge sécurisée du corps d’une personne décédée dans le contexte de la COVID-19, l’Organisation Mondiale de la Santé donne ses orientations dites provisoires. «A ce jour [ndlr, 24 mars 2020], aucun élément de preuve n’indique que des personnes ont été infectées après avoir été exposées aux corps de personnes décédées de la COVID-19». L’OMS appelle cependant à la précaution. «Ce n’est pas parce que nous disons qu’il n’est pas infectieux, que vous allez embrasser le défunt ou quoi que ce soit de ce genre, même si vous l’aimiez  beaucoup», a déclaré Adu Krow, porte-parole de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS/OMS) dans un article publié par la BBC.


Attention: La reprise de cet article, même partielle, sans l’autorisation écrite du JSTM est passible de poursuite judiciaire.


Cet article a été redigé par Abdoulaye Konimba KONATE | JSTM.ORG

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Cet article a été édité par Mamadou Togola et approuvé pour publication par Mardochée BOLI

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