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Architecture : À la découverte de l’histoire méconnue du monument de l’indépendance

Classé depuis 2012 au patrimoine culturel national, le Monument de l’indépendance du Mali est le symbole de la souveraineté nationale. Pourtant, il existe très peu d’information sur l’œuvre qui a mobilisé aussi les artisans du Sénégal et du Burkina Faso. JSTM a rencontré l’architecte Amadou Sidibé, auteur de l’œuvre.

Inspiré du style architectural soudano-sahélien, le monument dédié à l’Indépendance est l’un des 31 monuments classés au Patrimoine Culturel national. Il est construit de béton, revêtu par du marbre venu d’Italie. Le monument est bâti sur quatre piliers avec des mihrabs. Au sommet se trouve une coupole dorée, faite de bronze au Mali. «La forme est abstraite», assure l’architecte qui a rassemblé les éléments selon son goût. Cependant, la réalisation du monument a engendré des défis notamment la confection du flambeau et l’écriture sur marbre, avec le nom de tous les médaillés d’or de l’indépendance. «A l’époque, le Mali ne possédait pas de main d’œuvre qualifiée pour la confection d’un flambeau, et d’un système d’écritures faites sur marbre, d’où leurs provenances respectives : le Sénégal et le Burkina Faso », a indiqué Amadou Sidibé.

Un monument reconstruit…

Le Monument de l’Indépendance a été inauguré, le 22 Septembre 1995, par le président de la République Alpha Oumar Konaré. C’était à l’occasion du 35ème anniversaire de l’indépendance du Mali. Symbole de liberté et l’émancipation du peuple malien, le monument est situé en commune III du district de Bamako, à l’intersection entre l’Institut français de Bamako, l’ancienne Primature, le nouveau siège d’Ecobank-Mali et le siège de la Banque Internationale pour le Mali (BIM).

«Le monument de l’Indépendance est une initiative du président de la République Alpha Oumar Konaré pour rendre hommage aux médaillés d’or de l’indépendance », indique l’architecte. Le cabinet d’Amadou Sidibé a été sélectionné pour la construction du monument à l’issue d’un concours national d’architecture. Le monument qui devait être devant la Bourse du travail, temple de la démocratie au Mali, a été finalement délocalisé suivant l’avis de l’architecte. Il a donc fallu créer de l’espace, une partie de l’ancienne Primature a été prise.

Les travaux de réalisation du monument de l’indépendance ont été confiés à l’Agence d’exécution des travaux d’intérêt public pour l’emploi (AGETIPE). Sous la direction de cette agence, un premier monument 11m a été présenté au président de la République. « Jugé trop court », le président AOK ordonne une œuvre plus grande. C’est ainsi que le monument sera en partie cassé puis reconstruit dans ses dimensions actuelles. Des dimensions introuvables jusque-là dans les archives de l’architecte.

Une œuvre négligée ?

Chaque jour, le Monument de l’indépendance abrite le cérémonial de la montée des couleurs nationale le matin, et la descente le soir. Mis à part cette particularité, le monument reçoit à chaque fête d’indépendance la visite du Président de la République en exercice pour le dépôt d’une gerbe de fleurs. Aussi, tout Président nouvellement investi s’y rend pour le même cérémonial.

Malgré son importance, il n’existe pas d’histoire officielle du Monument de l’Indépendance. Seul l’architecte détient les rares archives qui existent. «Depuis son inauguration, jusqu’à nos jours, personne n’était encore venu me poser des questions sur le monument dédié à l’Indépendance », indique à JSTM, Amadou Sidibé. «Je suis sûr que le jour où je ne serais plus de ce monde, l’histoire de ce monument s’en ira avec moi », plaisante l’architecte devenu aujourd’hui un entrepreneur agricole.


Attention: La reprise de cet article, même partielle, sans l’autorisation écrite du JSTM est passible de poursuite judiciaire.


Cet article a été redigé par Mally Diawara et Cheick Hamala Touré | JSTM.ORG

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Cet article a été approuvé pour publication par le rédacteur en chef Mamadou Togola

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