A la une, Agriculture, AGRICULTURES, LES BREVES

Aménagement en courbe de niveau : Une technique culturale pour améliorer le rendement jusqu’à 50%

A Foh, village situé dans la commune rurale de Kourouma, à 60 kilomètres de Sikasso plusieurs champs ont été aménagés, en début de saison pluvieuse, suivant la technique de courbe de niveau à la demande des paysans.

L’aménagement en courbe de niveau consiste à faire des billons de niveau élevé par rapport à la pente du champ. Les courbes formées lors du labour ont le même niveau, la même altitude. A Foh, Pierre Diarra est l’un des premiers paysans à avoir adopté la technique. «Chaque année, je déposais dans mon champ dix tonnes de matières organiques reparties en petit tas. Ensuite, un supplément d’engrais chimique était apporté au maïs pour espérer faire une bonne récolte en fin de saison», raconte Pierre.

Lorsqu’il pleut, explique l’agriculteur, les eaux de ruissellement emportent l’engrais en contrebas du champ. Dans ce cas, les cultures en hauteur ne produisent pas ou ont un faible rendement. Chercheur à l’Institut d’Economie Rurale et Chef du projet Technologies pour la transformation de l’Agriculture africaine (TAAT), Dr Kalifa Traoré, a récemment mené une étude sur les effets de l’aménagement en courbes de niveau dans plusieurs localités au Mali.

Pour aménager un champ en courbe de niveau, on fait un premier gros billon (Ados permanent), en faisant deux ou trois aller-retours de la charrue. «Ce billon-là devient le billon central qui donne l’allure aux petits billons», explique Kalifa Traoré. Tous les billons doivent suivre l’allure de cette courbe jusqu’à ce qu’ils arrivent à la deuxième courbe. A ce niveau, cette deuxième courbe donne l’allure aussi aux petits autres billons jusqu’à la fin du champ.

La forme des courbes dépend de la configuration du terrain. Si les formes du champ sont irrégulières, les courbes vont épouser l’allure du champ. «C’est un travail de précision, c’est pourquoi nous nous servons du niveau topographique pour réaliser les courbes», précise Kalifa Traoré.

Représentation schématique des ados de niveau et billons dans un champ aménagé

Une technologie à multiples avantages

«Avec l’aménagement en courbe de niveau tous les fertilisants apportés vont rester dans le champ parce que l’eau ne peut plus les entraîner», explique Dr Kalifa Traoré.  L’autre avantage de la technologie, ajoute le chercheur, l’aménagement en courbe de niveau infiltre l’eau au lieu que l’eau ruisselle pour sortir de son champ. En cas de sécheresse, phénomène fréquent avec le changement climatique, l’humidité reste dans le champ et ça permet d’assurer l’alimentation des plantes des cultures (coton, maïs, sorgho…).

Envieux du succès de Pierre, Raymond Diarra, un autre paysan à Foh a sollicité l’aménagement de son champ en courbe de niveau. «L’année dernière, Pierre a dépensé moins en engrais, mais il a fait une bonne récolte par rapport à nous tous, c’est pour cela que j’ai décidé d’aménager mon champ de la même manière cette année», explique le maïsiculteur.

«Si tu le compares à un champ non aménagé on a une différence d’augmentation de 30%, sans aucun apport de fertilisants». Et quand on ajoute les différents fertilisants (engrais) on peut avoir une différence jusqu’à 50%. «Nous avons fait des études dans toutes les zones CMDT et partout ces mêmes chiffres ressortent», tranche Dr Kalifa Traoré.

Mamadou TOGOLA

Titulaire d'un diplôme de formation en alternance de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, je suis passionné par les sujets scientifiques. Contactez-moi par mail: mamadou.togola@jstm.org

Laisser un commentaire