Sociologie

Violence faite aux femmes : Des chiffres parlent au Mali

La Journée internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles rappelle les mauvais souvenirs des crimes survenus récemment au Mali qui ont marqué des esprits à Bamako, la capitale malienne.

Au Mali, la violence faite aux femmes, est une pratique quotidienne dans une société fortement traditionnelle et religieuse. Selon Saleck Ould Dah, Sociologue à Save the Children international « au Mali, beaucoup de facteurs socio culturels favorisent cette pratique dont souffrent les femmes dans l’ombre depuis des siècles ». On note une prévalence accrue des différentes formes de violences qui font l’objet de peu d’attention, notamment les viols, violences domestique, physique, psychologique, rejet/stigmatisation, etc.

En 2015 dans le cadre du système de gestion des informations sur les violences basées sur le genre (VBG), le Pays a enregistré mille quatre cents soixante-huit (1 468) cas de VBG, dont : deux-cent quatre-vingt-et-douze (292) cas de dénis de ressources et d’opportunités ; deux-cent quatre-vingt-et-huit (288) cas d’agressions physiques ; deux cent trente-quatre (234) cas de violence psychologiques ; deux-cent vingt-et-trois (223) cas de viols ; cent quatre-vingt-et-douze (192) cas de mariage forcé. Pour la même année, plus de cinq (05) cas d’assassinats ont été enregistrés ; trois cent soixante-et-dix (370) cas de VBG ont été perpétrés dans un contexte conjugal, cent soixante-huit (168) incidents d’abus sexuels sur les enfants, cent cinquante-et-quatre (154) incidents de mariages précoces, trente-huit (38) incidents d’exploitations sexuelles et 18 incidents d’esclavages sexuels. (Source : Enquête démographique et de Santé au Mali (EDS 2013)

La même année 2015, les cas les plus alarmants ont été deux violences conjugales qui ont défrayé les chroniques. Il s’agit du cas de Mariam Diallo, poignardée par son mari jusqu’à la mort, le 05 février. Pire, la jeune fille était enceinte de son conjoint. Onze mois plus tard précisément, le 25 janvier 2016, Kamissa Sissoko a été tuée à bout portant par son mari, après une fête de mariage. Ces deux cas flagrants ont marqué les esprits des Maliens. Sous le choc, les femmes leaders, et autres acteurs dans le domaine des droits de femmes se sont levées pour dénoncer ces violences faites aux femmes.

En ce jour de la journée internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes, il y a eu le lancement d’une campagne des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre qui débute du 25 décembre 2016. Chaque année, un thème particulier est retenu à cet effet. Pour cette année, le thème international retenue est : « De la paix à la maison à la paix dans le monde : une éducation sûre pour tous ».

Compte tenu des réalités du Mali, le Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille et ses partenaires ont retenu le thème suivant : « Pour une paix durable au Mali, agissons pour éradiquer les violences faites aux filles et aux femmes dans les familles, au travail et à l’école. Cette Campagne « 16 Jours d’Activisme » contre la violence basée sur le genre est une campagne internationale qui a été lancée en 1991 lors du 1er Institut international pour le leadership des femmes.

Les 16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes commencent ce 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et ils se terminent le 10 décembre, Journée internationale des droits de la personne. Les 16 jours d’activisme sont l’occasion de se conscientiser à la violence faite aux femmes et aux filles et d’agir pour l’éliminer.
Ainsi Ayouba Bouaré représentant du Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille dira que journée lui rappelle à l’action contre les violences faites aux femmes et filles puis d’ajouter que toute violence faite aux femmes et aux filles est une violation aux droits humains. « Nous devons lutter ensemble pour redonner espoir aux victimes de violences basées sur le genre et cesser ces pratiques une fois pour toute. C’est un combat que chacun se doit de mener, homme, femme, fille et garçon, tous ensembles pour atteindre un objectif commun », déclare Bernadette Sène conseillère principale pour la protection des femmes de la Minusma.

Modibo Fofana, Journaliste scientifique

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