A la une, LES BREVES, Santé

Un vaccin antipaludique, « Mosquirix » testé au Malawi

Le mosquirix est le fruit de 30 ans de recherche du géant pharmaceutique Glaxo Smith Kline en partenariat avec l’ONG Path malaria. Conçu en 1987, le vaccin a réduit de plus de 40% le nombre d’épisodes paludiques chez les enfants de moins de 5 ans, lors des essais préliminaires menés de 2009 à 2015.

Baptisé « Mosquirix » ou « RTS, S », le vaccin aide le système immunitaire à vaincre l’agent vecteur du paludisme, maladie qui se transmet par les piqûres de moustiques. C’est au Malawi que le premier test grandeur nature a été lancé. La campagne va ensuite se poursuivre au Ghana et au Kenya, les deux autres pays pilotes du programme mené par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette dernière espère ainsi vacciner jusqu’à 360 000 enfants dans ces trois pays d’ici à 2020.

Ce vaccin recombinant avec adjuvant associe en effet une protéine du Plasmodium falciparum fusionnée et combinée à des antigènes de surface du virus de l’hépatite B, sous forme de particules analogues à un virus mais dénuées de propriétés infectieuses. Cette composition explique que le Mosquirix, qui nécessite quatre doses pour être opérant, immunise également contre l’hépatite B.

A ce jour, Mosquirix constitue le vaccin le plus avancé contre le Plasmodium falciparum, un parasite bien plus complexe que les autres microbes. Il possède ainsi trois types d’ADN et 5 300 gènes. « Cela signifie qu’il produit 500 fois plus de protéines que le VIH ou le virus de la grippe, selon Pierre Druilhe, ancien chef de laboratoire à l’Institut Pasteur. Or le “RTS, S” est un vaccin dit sous-unitaire, qui ne cible qu’une seule de ces protéines.»

Le Mosquirix, qui a reçu en juillet 2015 un avis positif de l’Agence européenne du médicament (EMA), a déjà fait l’objet d’un essai à grande échelle, dit de « phase 3 », mené dans sept pays africains (Burkina Faso, Gabon, Ghana, Kenya, Malawi, Mozambique et Tanzanie) dont les résultats ont été publiés en avril 2015 par The Lancet.

Une « protection modeste » contre le paludisme

Selon l’OMS, le vaccin a permis de prévenir lors des essais cliniques environ quatre cas de paludisme sur dix sur une période de quatre ans, et trois cas sur dix de paludisme potentiellement mortels. Dans le détail, les essais préliminaires menés de 2009 à 2015 ont permis de réduire de 31 % le nombre d’épisodes paludiques chez les enfants âgés de 6 à 12 semaines, de 56 % chez ceux de 5 à 17 mois et de 39 % chez ceux âgés de 17 mois à 5 ans.

 

Rokaya Séréta

Laisser un commentaire