Art

Un monument en ciment pour dire stop à la crise du nord

L’art participe aussi à la consolidation de la paix. Voilà le message qu’Adama Diarra a voulu faire passer en fabricant ce monument sur la situation au Nord du Mali.

J’ai conçu ce monument parce qu’il représente une partie de mon pays. J’ai voulu montrer mon mécontentement et mon désaccord au narcotrafic et à la rébellion au nord du Mali et à toute forme de violence et de tuerie dans cette zone,

souligne Adama Diarra, fabricant de monuments en ciment. Selon lui,  il est opportun de mettre fin à la situation horrible et venir à bout de toute idée de la séparation du Mali en deux.

Adama Diarra a commencé à concevoir ce monument depuis 2015. C’est seulement en 2017 qu’il finit sa fabrication à cause de ses multiples voyages à l’intérieur du Mali. En temps normal, précise l’artiste, il le termine à l’espace de quinze jours.

Tout citoyen doit avoir son mot à dire sur la situation du pays. Ce monument est pour moi un moyen de m’exprimer et de véhiculer mon message de paix. La situation au nord n’honore pas les Maliens. Voilà le message que j’essaie de lancer,

explique Adama Diarra.

Ce monument appelle tous les Maliens sous l’arbre à palabre pour se réconcilier.

La symbolique qui se cache derrière cette conception est le retour définitif de la paix au Mali plus tard. Tout sera fini et les Maliens se donneront solidement les mains et pardonneront les exactions,

détaille-t-il.

Pour fabriquer cet art, Adama Diarra s’est inspiré du graphisme d’un magazine pour le matérialiser en ciment. Fait avec l’aide du fer pour rendre solide le monument et la peinture, Adama a utilisé des couleurs significatives.

Comme on retrouve du sable à Taoudénit et Tombouctou, j’ai choisi la rouge jaune, chocolat pour Kidal car la zone comporte des cailloux. Pour Gao, j’ai mis la couleur du henné comme ma propre inspiration,

affirme-t-il.

Pour dire stop aux armes, ajoute-t-il, j’ai utilisé un fusil noir, une croix rouge là-dessus. Tout cela pour une seule chose : la paix partout représentée sous forme de la flamme de paix en haut du monument.

C’est ce que je sais faire. Je conçois mes objets pour que tout le monde apprécie. Ce monument en ciment est transformable en plusieurs objets divers. Le monument a parlé déjà de lui-même grâce au sens qu’il véhicule,

confie le fabricant Adama.

Selon lui, toute chose peut l’inspirer dans sa création. Il s’inspire beaucoup des émissions d’art sur les télévisions mais aussi dans les journaux qu’il garde superbement à l’intérieur de sa chambre.

Comme les produits que je vois sur les chaînes de télévision comme TV5, j’aspire que mes produits dépassent aussi les frontières car c’est un talent créatif malien. Je peux réinventer n’importe quel autre produit vu à la télé ou dans les journaux,

souhaite-t-il.

Le travail d’Adama Diarra inspire aussi les enfants qui contemplent ses produits. Certains se sont même déjà engagés dans l’apprentissage.

Chaque village où je suis passé, j’ai inspiré beaucoup de jeunes. Je ne veux vraiment jamais que ce travail se limite à moi seul au Mali,

conseille-t-il.

Sékouba Konaré, Journaliste scientifique

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