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Technologie: l’étudiant Sory Ibrahima DIARRA conçoit un système informatique de gestion de l’état civil au Mali

L’Etat malien a entamé l’informatisation de l’état civil, en 2009, avec le Recensement à vocation d’Etat Civil (RAVEC). Cependant, pour avoir le Numéro d’Identification nationale (NINA), il faut un acte de naissance, un document que beaucoup n’ont pas. Le système informatique proposé par Sory Ibrahima DIARRA, prend la gestion de l’état civil de A à Z. Le système a été présenté le 23 avril dernier lors de la soutenance de l’étudiant.

«Le système d’état civil fournit des documents juridiques dont les individus ont absolument besoin pour garantir leur identité, leur nationalité et leurs droits civils et l’accès aux services sociaux », a indiqué, en 2017, la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies dans son Rapport sur la situation de l’enregistrement des faits d’état civil et des statistiques de l’état civil en Afrique. Ce document révèle que moins de 40% des enfants en Afrique sont déclarés à la naissance. Aussi, les pertes de documents d’état civil sont fréquentes et très généralement les familles ne connaissent l’utilité de ces documents que lorsque le besoin se fait sentir.

Le système informatique d’enregistrement des faits d’état civil conçu par Sory Ibrahima Diarra, étudiant en Master, à la Faculté des Sciences et Technique de Bamako (FST), prend en compte toute la chaine de l’état civil, à savoir la naissance, le mariage, le divorce, le décès, le  jugement supplétif et le changement de nom. Le système génère des statistiques sur les naissances. Il permet d’éviter la circulation de faux documents. Ce n’est pas tout, il fournit aussi des données sur les décès en les classant par cause et par région.

Des données nécessaires pour la planification de la construction des services sociaux de base et pour étudier des épidémies

«La mise en place du système est à la fois bénéfique pour l’Etat et pour les populations», a indiqué Dr Fana Tangara, Doyen de la Faculté des Sciences et Technique de Bamako, présent à la soutenance. «Pour l’Etat, le système informatique d’enregistrement des faits d’état civil permet de se doter d’un système d’état civil fiable, sécurisé», explique le Doyen. Et d’ajouter: « pour les populations, le système représente un gain de temps et d’accès facile aux documents administratifs ».

Figure 1 : Indication des données de décès à Bamako, Kayes et Ségou

Selon le concepteur du système, la maîtrise du nombre de naissance permet aux décideurs de planifier la construction des services sociaux de base. «Si on connaît le nombre d’enfants qui iront à l’école dans une zone donnée dans cinq ans on y prévoit la construction d’une école», indique Sory Ibrahima. Il en est de même, affirme-t-il, pour le nombre de mariage qui fait appelle à la prévision en maternité. En ce qui concerne, les statistiques sur les décès, il permet aux spécialistes de la santé d’étudier la fréquence des causes de décès dans une région plutôt que dans une autre.

Fonctionnement et sécurité

Pour la sécurité du Système d’exploitation, l’ingénieur Sory Ibrahima Diarra propose d’utiliser une distribution de GNU/Linux, parce qu’elle est moins vulnérable aux attaques. Quant à la sécurité de l’application, il a utilisé le framework Odoo dont la sécurité est basée sur les ACL (Access Control List). Odoo offre la possibilité à l’utilisateur principal de déterminer les autorisations de: lecture, écriture, création, suppression de fichiers.

Aperçu de l’architecture du système gestion de l’état civil

Pour le fonctionnement du système le concepteur prévoit l’installation de deux serveurs (un serveur  central et un serveur secondaire) dans le district de Bamako et dans chaque région du Mali. Cependant, explique-t-il, la mise en place d’un tel système nécessite des gros moyens. L’ingénieur prévoit donc de s’appuyer donc sur les dispositifs de l’AGETIC. A défaut, il recommande l’installation d’un réseau intranet qui offre plus de sécurité.

Sory espère que son système sera lancé pour un état civil fiable et sécurisé au Mali. Il espère surtout  que le système soit étendu à la gestion d’autres documents administratifs notamment les certificats de nationalité et des casiers judiciaires. Car, à ce jour, l’obtention du casier judiciaire est un calvaire pour les candidats aux différents concours nationaux. Même si vous vivez à Bamako depuis 30 ans, vous devez aller chercher le document à votre lieu de naissance.

Mamadou TOGOLA

Titulaire d'un diplôme de formation en alternance de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, je suis passionné par les sujets scientifiques. Contactez-moi par mail: mamadou.togola@jstm.org

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