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Sénékèla: le semoir motorisé qui soulage les paysans

L’institut d’Economie Rurale (IER) et ses partenaires ont mis en place une technologie incroyable. Le sénékéla, un semoir motorisé qui aide le paysan à semer, lui seul un hectare en une journée.

Il y a de cela plusieurs années où pour cultiver un hectare, il fallait disposer d’au moins 8 à 12 personnes le jour. Dans les champs, les bœufs sont utilisés pour faire le labour, et aident quelques fois à la récolte. ‘‘Mais aujourd’hui nos animaux deviennent de plus en plus chétifs à cause de la sécheresse’’ déclare Kéïta Gabriel, cultivateur dans l’office du périmètre irrigué de Baguinéda. A Diallo Fatimata d’ajouter que ‘‘nous n’arrivons plus à cultiver de grands espaces parce que nos animaux maigrissent de jour en jour. J’ai entendu parler du sénékéla, mais je ne l’ai pas encore vu, je crois que ça nous aiderait à augmenter nos revenus agricoles’’

Rappelons que l’application manuelle de l’engrais complexe en microdoses prend au moins 4 personnes. La première qui fait le poquet dans le sol, la deuxième met la semence, la troisième personne met l’engrais et la quatrième ferme le poquet.  Cette opération prend au moins 8 à 12 hommes jour par hectare. Avec le Sénékéla, ce temps est de 1/4 d’homme jour par hectare : c’est Tout en Un, « All in One ». C’est ce que nous explique Docteur Coulibaly de l’IER. Docteur Coulibaly a dirigé les travaux depuis le prototype jusqu’à la mise au point complète du Sénékéla.

Le semoir Sénékéla est composé de quatre parties essentielles :  les mancherons guident l’engin et portent le démarreur ; les organes de traction constitués du moteur et des roues motrices qui propulsent l’engin ; les organes de distribution composés de la trémie (qui contient le disque, la semence et l’engrais), de la roue avant et du goulot qui dirige les produits dans le poquet ; enfin les organes d’enterrage et d’entretiens culturaux qui sont les rasettes ou houes sarcleuses et  la roue dameuse.

Adapté aux types de sols maliens, ce nouveau semoir, made in Mali, a été mis au point en vue d’améliorer la production et la productivité des cultures vivrières et industrielles face au changement climatique. Le développement et le test de l’équipement ont été menés de façon participative plaçant les avis des utilisateurs finaux au centre de sa conception afin de parvenir à une technologie productive, rentable, demandant moins de main-d’œuvre, réduisant le temps et la pénibilité des travaux

Pour que la population ait facilement accès à cette machine, il faut beaucoup investir dans la fabrication d’un grand nombre du sénékéla.

Mardochée BOLI

Titulaire d'un diplôme de formation en alternance de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, je suis le Red Chef du Journal Scientifique et Technique du Mali. Contactez-moi par mail: mamadou.togola@jstm.org

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