Assainissement

Saison pluvieuse: Bamako, ville inondée en quête d’étanchéité

Les prévisions de pluie sont revues à la baisse depuis de nombreuses années dans plusieurs pays du monde. Le Mali connait aussi une baisse de sa pluviométrie, perceptible à l’œil. Malgré cela, Bamako, capitale malienne est toujours inondée à chaque saison de pluie. Un hydrologue nous donne son constat et fait des recommandations afin d’éviter les inondations mais aussi entretenir une bonne qualité de nos routes. 

La question qui préoccupe le citoyen moyen vivant à Bamako en cette période hivernale c’est certes « comment éviter les inondations »?

Les constats ont prouvé que la ville de Bamako a été bâtie sans dimensionnement préalable des différentes artères. Cela explique l’étroitesse de certaines rues par rapport à d’autres selon les quartiers.

Outre ce constat, le plus frappant est la répétition des inondations à chaque saison de pluie dans les mêmes endroits. Ce qui condamna les habitants à s’ « abonner » au curage annuel des caniveaux.

Et pourtant, rien ne change depuis des décennies. Des études doivent être menées et mettre les résultats à la disposition des acteurs clés intervenant dans l’assainissement des villes. « Il faut avoir une idée claire du volume d’eau qui tombe durant l’hivernage à Bamako », explique Amidou Diawara, hydrologue, qui soutient que « aucune étude n’a été publiée sur les inondations à Bamako, à ma connaissance », avant de préciser qu’en ce qui concerne l’aménagement des collecteurs, « des plans et études commencent à exister petit à petit et les hydrologues et ingénieurs doivent se donner la main pour mener à bien ce travail ».

C’est alors que vient la question des collecteurs et autres caniveaux dans la ville de Bamako. « Il faut appliquer les plans selon les dimensions. Les collecteurs doivent respecter des normes de dimension. Ce qui n’est pas le cas actuellement dans notre capitale. Prenez les collecteurs sur l’Avenue de l’OUA qui sont très grands sur un côté et très petits sur l’autres. Ceci ne permet pas une évacuation normale des eaux de pluie », rappelle-t-il.

Selon lui, les routes sont de petites largeurs et ne sont pas bien entretenues à cause de l’invasion aquatique qu’elles subissent chaque saison de pluie « les routes ne pourront pas résister longtemps avec l’eau tant que les collecteurs ne seront pas bien construits », renchérit M.Diawara. Un collecteur bien construit en est un « qui est fermé et à l’abri des eaux usées domestiques telles que les eaux des toilettes, lessives et vaisselle qui communiquent souvent, directement avec les caniveaux ». Il faudra aussi « bétonner le dessus des collecteurs et ainsi gagner en largeur pour les routes et éviter que les citadins déversent leurs déchets à l’intérieur ». M. Diawara recommande également des passages artificiels des eaux en renforçant le travail sur le curage des caniveaux par étape tout en fermant les collecteurs et les redimensionner selon le débit de l’eau.

Une grande question de prise de conscience est à poser. L’aménagement du passage de l’eau à Bamako est une réalité plus qu’urgente. Finalement, que faut-il faire pour éviter les inondations? Casser les maisons qui bouchent le lit du fleuve? Créer des passages artificiels? Un travail de longue haleine s’impose et surtout une implication sans faille des populations dans l’aménagement de petits collecteurs devant chaque maison.

Diénéba DEME, Journaliste scientifique 

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