Economie

Quelle monnaie faut-il pour le développement des Pays de la CEDEAO?

(Une contribution du Dr Lamine Keita, spécialiste en économique scientifique.)

Dans un récent article, nous avons analysé le projet de l’éco, la monnaie unique de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), pour établir que ce projet, qui a tourné le dos à l’expérience des pays utilisateurs du FCFA, est dangereuse et fruit de l’ignorance qu’en économie l’instrument monétaire constitue en même temps l’instrument de mesure.

Aujourd’hui, nous allons établir l’importance de l’expérience du FCFA, pour montrer la place des instruments monétaires dans l’économie et l’utilisation spécifique et optimale qui les caractérise, toute autre utilisation constituant une déviation par rapport l’optimum et engendrant des coûts.

Nous rappelons, en toute modestie, que nous bénéficions, depuis 2002, de 5 publications sur le sujet de la monnaie bien qu’à présent nos appels ne soient pas entendus pour avoir mis en garde, depuis 1993,  contre la méconnaissance par les économistes du sujet de la monnaie, un sujet qui ne finit pas d’ailleurs de les diviser.

C’est pourquoi, pour éviter toute confusion, depuis 2016, nous avons élaboré et publié le concept d’économie dotée de la mesure que nous avons désignée par l’appellation Economie scientifique.

A cet effet, le présent article montre que l’expérience des pays utilisateurs du Franc CFA permet de présenter la manière dont un pays peut efficacement se doter d’un étalon, qui représente l’unité de valeur dans l’économie, et des instruments de mesure dont le bon fonctionnement nécessite le respect des règles et principes. Ces instruments de mesure sont plutôt connus dans leur rôle empirique d’instruments monétaires. En revanche, en violant ces règles dans le fonctionnement de ces instruments de mesure, on provoque une inefficacité généralisée dans l’économie qui se traduit par une fraude massive contre la population en entrainant l’économie dans une régression extraordinaire qu’aucune guerre ne peut infliger.

Expérience monétaire dans les pays de la zone franc : une belle expérience, dont la leçon, au plan scientifique, n’a pas été tirée

Nous avons montré que les pays africains de la zone franc, en acceptant la définition du FCFA comme quantité fixe de FF puis d’euro, ont choisi de fait le FF, puis l’euro, comme leur étalon, leur unité de valeur.

Ce faisant, plusieurs monnaies sont susceptibles de circuler dans leur économie comme cela fut le cas au Mali en 1984 où circulaient le FM et le FCFA, le FCFA tous définis comme une quantité de l’étalon.

Ainsi le FCFA fixé pour 0,02 FF était le double du FM fixé à 0,01 FF et les prix étaient libellés en FCFA ou en FM, les uns valant le double des autres.

Cette expérience du Mali finit de convaincre de l’existence de l’Economie dotée de la mesure et des instruments de mesure.

Le FCFA et le FM sont appelés des numéraires, c’est-à-dire des instruments de mesure en économie dont la valeur est une quantité de FF, puis d’euro ; le FF, ou plus tard l’euro, est appelé l’étalon de valeur. La mesure est donc possible en économie et la discipline économique prenant en compte la mesure est appelée Economie scientifique.

La fraude en économie

Nous savons que dans toute société, la fraude reconnue comme telle est interdite. Il s’agit, par exemple de la diminution des poids et mesures, ainsi diminuer l’unité de mesure, comme le litre, pour le vendre comme le litre, est une pratique reconnue comme une fraude, donc interdite.

En économie, diminuer le FCFA pour le ramener au niveau du FM en continuant de l’appeler FCFA, est une fraude et donc interdite. En effet, nous savons qu’en 1983-1984, deux unités de FM, qui valait 0,01 FF, dont disposait le citoyen ont été échangées contre une unité de FCFA que l’Etat a mis nouvellement en circulation.

Dix ans plus tard en 1994, comment pourrait-on proposer au même citoyen, de remplacer une unité de FCFA qui vaut 0,02 FF dont il dispose par une unité qui vaut 0,01 FF, la nouvelle définition du FCFA que l’Etat lui remettra et qui ne correspond qu’au FM.

Voilà bien un exemple d’échange inéquitable et bien injuste et économiquement déstabilisateur.

Ainsi, l’appellation de dévaluation du FCFA n’est autre chose qu’un tel exemple d’échange inéquitable, bien injuste et économiquement déstabilisateur qui représente en économie, un exemple pratique de la diminution des poids et mesures qui diminue l’instrument de mesure, le FCFA, pour le ramener au niveau du FM en continuant à l’appeler FCFA. Donc la dévaluation du FCFA est une fraude, donc interdite.

C’est une fraude aux conséquences incalculables qui a fait l’objet d’un article précédent dont les conséquences sont pires que le génocide, mais dont la cause résulte principalement d’une ignorance du rôle des instruments monétaires comme instruments de mesure en économie,

En effet, les économistes considérant que les chiffres leur sont donnés par la nature en termes de prix sur les marchés et de quantité de kilogrammes, de litres, se sont toujours contentés d’effectuer des calculs sur ces chiffres croyant faire œuvre scientifique, alors qu’il n’en est rien, car on ne saurait confier à la nature le rôle de fabriquer des chiffres, la conception des chiffres résultant d’une démarche scientifique bien structurée.

Faiblesse dans la démarche de la CEDEAO dans la mise en place de l’éco

Les pays de la CEDEAO devraient tenir compte des présentes analyses tirées de l’expérience des pays utilisateurs du FCFA pour mettre en place leur monnaie unique.

En tournant le dos à cette expérience, notamment en choisissant le mode de fonctionnement de la monnaie unique africaine en régime de change flexible, les pays de la CEDEAO se placent dans la logique d’un flottement généralisé de leur monnaie et oublient de choisir une référence claire à leur monnaie pour en faire la référence de leur valeur d’abord à l’intérieur de ces pays et ensuite à l’extérieur.

A la différence d’avec le FCFA, défini comme une quantité fixe d’euro, l’eco, qui ne bénéficie pas de référence fixe dans la CEDEAO ni ailleurs dans le monde, flotte donc en permanence par rapport aux devises. Donc ces pays ont un étalon fictif, qui doit être leur unité de valeur mais qui n’a pas de dimension définie dans  les pays utilisateurs ni de référence dans le reste du monde.

C’est comme si ces pays se mettaient ensemble pour mesurer la valeur dans leur économie, mais en oubliant de définir l’unité de mesure et les instruments de mesure. Bref, ils sont dans l’ignorance totale de ce qu’il leur faut faire en matière de mesure, mais ils n’en ont aucune conscience.

 Les principales insuffisances relevées sur l’expérience du Franc CFA à prendre en compte avec l’eco

Les principales constatations que nous avons relevées sur le Franc CFA ont été que le Franc CFA, simple numéraire, n’a besoin, en réalité, d’aucune convertibilité externe. En revanche, la monnaie qui a besoin de garantie est l’étalon que représente l’euro (ou le FF en son temps).

De plus, le FCFA, simple instrument de mesure parmi tant d‘autres qui ont pu exister dans ces pays africains, ne peut faire l’objet d’aucun ajustement et surtout pas d’une mesure de dévaluation qui le réduirait à sa propre moitié, remplaçant ainsi un instrument de mesure par un autre plus petit et de même nom, ce qui constituerait une mesure suicidaire et prohibée dans toute civilisation humaine car représentant la diminution des poids et mesures en économie.

A l’expérience, quelles que soient les difficultés rencontrées, ces pays africains ont toujours su faire face aux échéances résultant de leurs échanges avec l’extérieur, tout en ayant eu à accorder à la France le bénéfice gratuit d’une bonne partie de leurs ressources externes financières qui pouvaient, de surcroît, leur être prêter aux conditions fixées par la France.

Quelles devraient être les fonctionnalités d’une bonne monnaie africaine

Le présent article mettra l’accent sur les instruments monétaires et leurs rôles dans l’économie pour montrer techniquement et avec précision, comment utiliser tel instrument pour atteindre un résultat précis et adéquat.

Nous avons vu que le Franc CFA est un numéraire destiné à mesurer la valeur des objets vendus sur le marché intérieur des pays africains de la zone franc.

Ce rôle n’exige pas que cette monnaie circule à l’extérieur de ces pays utilisateurs. C’est pourquoi nous avons vu que l’idée de convertibilité externe du Franc CFA est en réalité une fausse idée qui ne constitue en réalité qu’un simple prétexte pour geler les devises des pays africains de la zone franc au profit de la France qui aura su leur vendre une idée ne correspondant à aucune réalité utile. C’est pourquoi il est tout à fait inutile de consacrer des efforts financiers pour défendre quelque chose qui n’existe pas, notamment la valeur extérieure d’une monnaie qui n’est utilisée, exclusivement, que localement dans les pays qui en sont utilisateurs.

Ainsi, pour consacrer ce caractère local d’une telle monnaie, il est opératoire de préciser, dans les textes administratifs et législatifs que la détention du Franc CFA, simple numéraire, en dehors des pays utilisateurs n’engage pas les pays utilisateurs, donc pas leur Banque Centrale. En revanche, les opérations externes de ces pays africains exigent de passer par les agents du système bancaire qui en sont chargés. Un tel dispositif correspond entièrement au statuquo dans les pays africains de la zone franc.

A l’analyse, nous savons que l’étalon des pays africains de la zone franc est aujourd’hui l’Euro (et anciennement le FF). Cependant, en considérant que chaque collectivité est dotée d’un étalon qui lui est spécifique, il est plutôt correct de doter ce groupe de pays africains d’un étalon qui lui est spécifique, et que nous appelons Cauris Africain noté (CA). Cependant, cet étalon qui est immatériel est pris comme étant équivalent en permanence à l’Euro.

 

Monnaie unique CEDEAO et numéraires différents dans les pays

Dans les prospectives, l’idée de création d’une monnaie commune aux pays de la CEDEAO fait son chemin en s’accommodant de l’hypothèse du choix du $ US comme l’étalon de ces pays.

En appliquant cette hypothèse aux pays utilisateurs du Franc CFA et en supposant qu’un euro équivaut à 1,13 $ US, soit 1 $ US = 0,884955 Euro, alors :

  • 1 CA = 1 $ US = 0,884955 Euro

Par conséquent, le $ US devient comme la représentation matérielle du CA. Il s’agit d’un rôle théorique qui a son importance.  

Ainsi, ces pays africains qui seront preneurs du $ US  comme référence de leur étalon, n’ont aucune obligation particulière à respecter pour privilégier l’utilisation de cette monnaie sur le marché international. De plus, en le faisant, ils contribuent à soutenir son cours en augmentant sa demande sur les marchés monétaires et financiers

Par conséquent, ils n’ont aucune obligation à geler des ressources financières pour exécuter des ordres de paiements aux opérateurs étrangers qu’ils sont tenus de respecter comme ils l’ont toujours fait  dans le cadre des accords monétaires avec la France.

Un tel dispositif correspond entièrement au statuquo dans les pays africains de la Zone franc.

Cependant, le nouveau dispositif avec la CEDEAO comprenant plus économies nationales attestées par les différentes unités monétaires existantes, à savoir, le FCFA pour les pays africains de la Zone franc, le Naira pour le géant Nigéria et le Cédi pour le Ghana, etc., il est possible, et sans coûts supplémentaires, de tenir compte de la diversité des économies existantes en autorisant autant de numéraires pour autant d’économies différentes dans la même union monétaire.

Des numéraires locaux, interchangeables aux frontières des pays

A l’intérieur de ces pays, considérons le numéraire africain (NA) qui va remplacer le FCFA dans les pays de la Zone franc et appelons-le par le sigle NA1.

On aura au départ du processus, on aura :

1 NA1 = 1 FCFA = 0,00152 Euro = 0,00152*1,13 $ US = 0,0017176 $ US = 0,0017176 CA.

Le premier Numéraire Africain (NA1) aura donc un poids de 0,0017176 en quantité de l’étalon CA et qui est représenté par le même poids en quantité de $ US, c’est-à-dire 0,0017176 $ US.

Au Nigeria, on aura le deuxième numéraire africain (NA2) qui va remplacer le naira (NGN). En tenant du cours du Naira le 23 novembre 2018, 1 NGN = (NA2) = 1,58052 FCFA.

Soit 1 NGN = 1 (NA2)= 1,58052 *0,0017176 CA = 0,0027147 CA

Au Ghana, à la même date, en appelant NA3 le numéraire africain qui va remplacer le cédi, on aura :

1 cédi = 1 (NA3) = 118,82 FCFA = 0,20408 CA.

Ces pays, en partageant le même étalon CA, pourraient maintenir les monnaies locales dans un rapport fixe et définitif avec l’étalon commun le CA.

Sans tomber dans aucun mimétisme abject, ces pays africains se retrouvent dans une même position que les pays européens en 1999 dans la période intérimaire lorsque l’euro n’était pas encore matérialisé et que les monnaies des pays étaient devenues de simples numéraires dont le contenu a été fixé comme une quantité définitive d’euro.

Dès ce moment, ces pays de la CEDEAO sont dans la même zone monétaire. Ils peuvent décider la souplesse de garder les numéraires locaux en lieu et place d’un numéraire unique, pour représenter des instruments de mesure locaux auxquels les utilisateurs sont habitués.

Ces différents numéraires seront inter-échangeables dans des rapports bilatéraux fixes et définitifs et pourraient même circuler entre les pays selon les besoins des populations frontalières tout en constituant un moyen de contrôle du commerce inter-pays dont les mouvements aux frontières sont une traduction de la dynamique des échanges, à l’abri des fluctuations des taux de change qui auront disparu et la spéculation avec.

Il faut également savoir que ce n’est pas parce que les pays sont dans la même zone monétaire que le besoin de connaitre les flux commerciaux inter-pays disparaît. A cet effet, les mouvements intra-frontaliers seront retracés à travers les échanges des numéraires selon kes besoins des populations. 

Par conséquent, il faudrait éviter que ces pays, par simple mimétisme abject, ne soient tentés par l’Europe dans son expérience de monnaie unique, dont nous avons dénoncé les insuffisances aussi bien au plan pratique que théorique.

Ainsi, une bonne compréhension de la monnaie dispenserait ces pays africains de ces dépenses en organisations inutiles, alimentées par des années de réunions coûteuses pour faire consentir des sacrifices communs aux populations, des dépenses qui seront tout simplement des ressources perdues pour le développement, comme cela est le cas dans les pays de l’Union européenne, car ces dépenses ne sont fondées que sur des mythes d’une monnaie unique européenne, savamment entretenus par des savoirs que nous savons erronés.

En effet, en suivant cet exemple européen, ces pays vont devoir imposer des sacrifices énormes aux populations, par le biais de calculs aussi inutiles que compliqués ne reposant sur rien de concret, fondés sur des notions virtuelles aussi irréelles qu’insensées de critères de convergence et de déficit budgétaire.

Comment pourrait-il en être autrement ? En effet, ces sacrifices des populations ne viseront qu’à permettre aux pays d’avoir une monnaie unique ou commune, qui ne représente de surcroit qu’une situation dont nous avons dénoncé le caractère absurde et complètement aberrant.

De plus, ce système de monnaie unique ou commune finira par les entraîner dans un régime monétaire archaïque, bâti sur l’ignorance à partir de laquelle, au nom d’une expérience quelconque, ces pays européens vont espérer croire en faire des savoirs au cours des siècles.

Ainsi, ramenés donc, comme de force, dans ce système ancien, les pays africains, après avoir fait tout sacrifier par leurs populations pour avoir leur monnaie unique, seront obligés de perdre cette monnaie unique pour avoir détruit leur économie, celle-ci ne pouvant se concevoir sans la monnaie.

Ils finiront donc par dire à dieu à leur projet d’intégration poussée des populations après avoir livré celles-ci à une inflation rampante importée à travers les importations facturées dans une monnaie fondante, l’éco.

L’apparente stabilité monétaire que les pays connaissaient, notamment dans les anciens pays utilisateurs du FCFA, aura volé en éclats tout en faisant regretter, plus tôt qu’on ne l’aurait imaginé, la période révolue du FCFA.

Réfléchir par soi pour résoudre ses problèmes, surtout quand on en a les moyens, vaut mieux que de vouloir ressembler à un maître dont ne voit même pas qu’il ne porte pas de chaussure.

Lire aussi – L’Economie Scientifique, la solution au problème du Franc CFA selon Dr Lamine Kéita

Fonctionnement concret du dispositif monétaire

Dans la réalité, nous allons examiner comment devra fonctionner le dispositif pour assurer le déroulement adéquat des échanges, nationaux et internationaux, qu’entretiennent ces pays africains utilisateurs du CA et des numéraires qui lui sont liés.

Les recettes des exportations de ces pays de la CEDEAO enregistrées en $ US qui correspondront à une valeur équivalente de la richesse dans ces pays, c’est à-dire la même quantité de CA, pourraient ne pas être soumises à des frais de conversion (en CA) afin que leur montant exact soit conservé pour respecter rigoureusement, sur le territoire de ces pays africains, l’engagement d’un NA1 équivalent à 0,0017176 $ US = 0,0017176 CA ou NA2 = 0,0027147 CA etc.

En revanche, les recettes dans les autres devises, qui devront être converties en $ US pour connaitre leurs équivalences en quantité de richesse nationale, contiendront des frais de conversion; ce qui montrera une différence fondamentale et structurelle entre le $ US, support de l’étalon de ces pays africains, et les autres monnaies-devises en général.

Une fois que les recettes externes auront été collectées à la suite des ventes opérées par les opérateurs de ces pays africains, leur Banque centrale, comme toute autre Banque centrale, en assurera la gestion et fera également face au règlement des échéances courues sur la période.

Les opérations extérieures peuvent se révéler déficitaires ou excédentaires. Comme pour toute Banque centrale responsable, il sera nécessaire, pour la Banque Centrale de ces pays africains, de prévoir et trouver le financement du déficit des opérations externes et également d’envisager de fructifier les excédents externes en attendant des jours moins favorables.

Pour disposer de ses billets de banque auprès des populations, la Banque Centrale de ces pays africains saura, comme toute autre Banque centrale responsable et compétente, trouver les ressources et le cadre de collaboration appropriés pour disposer de la quantité de monnaie locale désirée en toute autonomie, à un moyen coût raisonnable. Cette collaboration fondée sur la recherche d’intérêts réciproques bien compris ne saurait être confondue à une pratique d’asservissement d’une des deux parties contractantes en faveur de l’autre.

Conclusion générale

Le système économique national utilisant plusieurs monnaies est une réalité scientifique et historique offrant des résultats concrets et qu’aucune théorie respectable ne peut ignorer. C’est pourquoi, l’idée de monnaie unique dans l’économie, défendue en Europe, cache encore beaucoup de mystères faussement attribués à la monnaie par l’incapacité de la théorie sous-jacente de discerner les propriétés de la monnaie et par conséquent d’être en mesure de distinguer une pratique interdite d’une pratique autorisée.

Malgré les preuves irréfutables que nous avons avancées regard des principes logiques connus, nous n’avons pas à présent été entendus. A cette difficulté, J.M. Keynes y voit une explication que nous partageons, à savoir :

« La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, elle est d’échapper aux idées anciennes qui ont poussé leurs ramifications dans les recoins de l’esprit des personnes ayant reçu la même formation que la plupart d’entre nous. » J.M.KEYNES, 1935, « Théorie Générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie », p.b.p.

Dans un prochain article, nous allons examiner les possibilités pour ces pays africains d’appliquer les politiques monétaires efficaces, notamment pour faire face à un déficit extérieur chronique.

Pour finir, la présente contribution clôture une bonne partie de nos contributions qui restent critiques envers nos collègues économistes, pour qui nous gardons beaucoup de respect et d’amitié, liens qui ne devraient pas cependant souffrir des débats scientifiques conduits avec l’idée de permettre aux hommes et femmes, de par le monde, de vivre mieux sous le conseil des économistes.

Malgré tout ce qu’un tel sujet comporte comme charges émotionnelles, nous osons espérer être resté dans les strictes limites de l’analyse objective strictement portée sur des faits et des idées.

Dr Lamine KEITA,

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