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Psycho: pourquoi a-t-on souvent envie de se gratter ?

Des chercheurs ont découvert une protéine clé dans le processus de démangeaison. Une piste prometteuse vers un traitement contre des maladies de la peau.

Plaie qui démange, piqûre d’insecte, effets secondaires de médicaments : peu importe la raison pour laquelle on a envie de se gratter, se retenir demande un effort très difficile. Pourtant, il vaut mieux refréner ce geste car se gratter ne soulage pas la démangeaison. Bien au contraire, cela entraîne une plus grande envie de se gratter, à cause d’un véritable cercle vicieux moléculaire découvert récemment par des scientifiques américains. Cette fois, des chercheurs de l’Université Duke (États-Unis) ont identifié chez la souris la protéine responsable de l’envie de se gratter : nommée TRPV4, présente dans la couche supérieure du derme, expliquent-ils dans une étude publiée dans le Journal of Biological Chemistry.

Une pommade pour soulager les démangeaisons

Pour prouver l’implication de cette protéine dans l’envie de se gratter, les chercheurs ont exposé des souris génétiquement modifiés privées de TRPV4 dans les cellules de la peau à des produits chimiques allergisants qui causent des démangeaisons. Ces dernières sont devenues quasiment inexistantes pour ces animaux ! Selon l’étude, quand la protéine s’active (sous l’effet en particulier de plaies et de piqûres), elle conduit les cellules de la peau à libérer une molécule appelée « endothéline-1 », impliquée dans les sensations de douleur et démangeaisons. De plus, les chercheurs ont découvert que l’activation de TRPV4 déclenche « un flot » de calcium dans la cellule, ce qui active une autre protéine appelée ERK, elle aussi impliquée lors d’une démangeaison.

« Nous pouvons désormais envisager le développement de traitements topiques pour la peau (NDLR : médicaments dont l’application agit localement) qui ciblent ces voies moléculaires spécifiques pour supprimer les démangeaisons et l’inflammation, y compris dans le cas de certaines maladies dermatologiques comme la gale », commente dans un communiqué le Pr Wolfgang Liedtke, qui a dirigé ces travaux. Très contagieuse, la gale est une maladie parasitaire de la peau due à un minuscule acarien, le sarcopte, qui creuse des sillons dans la peau, provoquant des démangeaisons intenses. Les chercheurs sont parvenus à mettre au point une pommade bloquant TRPV4 et ERK, et donc l’envie de se gratter, qui s’est révélée efficace chez la souris. Ils espèrent pouvoir l’adapter prochainement à l’homme.

sciencesetavenir.fr

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