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Pomme de terre au Mali: la recherche «in vitro» pour booster la production nationale

C’est dans les laboratoires de l’Institut Polytechniques Rural de Formation et de Recherche Appliquée de Katibougou (IPR/IFRA) que les chercheurs s’activent. A la première édition du Salon des Sciences et des Technologies de Bamako, le Pr Abdoulaye Sidibé a montré au public les résultats de la production in vitro. Sous le thème : « production de semences saines de pomme de terre à l’office du Niger (Ségou) et à Kayo (Koulikoro)».

L’introduction de la pomme de terre au Mali remonte à la période coloniale. Elle était cultivée à Sikasso et à Kayes en 1938 ; en 1940 elle était connue à Ségou ; entre 1955 – 1960 de grandes quantités sont produites à Kidal dans le nord du pays. La pomme de terre (Solanum tuberosum L.) est une plante de la famille des Solanacées comme le poivron, la tomate ou encore le tabac. Son origine est située en Amérique du sud sur les hauts plateaux de la cordillère des Andes.  Au Mali, la demande en pomme de terre n’a cessé d’augmenter dans les grandes villes. Pour satisfaire toutes ces demandes, le Mali a besoin d’une quantité importante de semences. On estime aujourd’hui à 3 000 tonnes la quantité de semences certifiées annuellement importées d’Europe pour une valeur équivalente à environ trois milliards de FCFA. Cette demande est passée de 2 254 tonnes en  2013 à 3 000 tonnes en 2016.

Vitro plants de pomme de terre dans les bocaux

Pour ne plus dépendre de cette importation, les chercheurs de l’IPR/IFRA ont opté pour la stratégie de multiplication des semences au niveau local tout en ciblant les producteurs. A travers le projet de «Micro propagation de la pomme de terre au laboratoire». Selon le prof. Abdoulaye Sidibé, la culture «in vitro» ou micro propagation est le mode de multiplication conforme qui suppose de «démarrer d’un tubercule indemne de toute maladie». Pour y parvenir, explique le chercheur, les tubercules de départ sont sélectionnés sévèrement selon leur origine (de préférence dans une collection variétale) ; l’aspect visuel (conformité au type variétal) et après différentes analyses au laboratoire pour vérifier l’absence d’attaques par les virus, bactéries, champignons, etc.

Repiquage de plantules de pomme de terre

Au laboratoire, les chercheurs ont produit des pommes de terre dites de Génération 0, 1, 2 et 3. La plantation a été faite dans des tunnels. Les plantules, une fois sorties du laboratoire, après une acclimatation de 12 à 24 heures, sont repiquées dans les tunnels à un écartement de 10 cm x 9 cm. Pour le même espace, les chercheurs ont obtenu les résultats suivants: trente mille (30 000) tubercules G0; cent quatre-vingt mille (180 000) de tubercules G1; un million quatre-vingt mille (1 080 000) tubercules G2 ; 750 tonnes de G3.

Vue de plants d’une table

Au terme de leurs travaux, les chercheurs de l’Institut Polytechniques Rural de Formation et de Recherche Appliquée de Katibougou (IPR/IFRA), concluent que l’activité a montré la faisabilité de la production de semences de pomme de terre au Mali sans tenir compte des coûts de production. Pour la pérennisation de la production de semences, le Pr Abdoulaye Sidibé affirme qu’il faut résoudre le problème de chambre froide et l’autonomie financière des différents maillons de la chaîne.

@mamadou_togola

Mamadou TOGOLA est journaliste depuis janvier 2012. Il a fait ses débuts au Canard Déchaîné, à l’époque un quotidien. Après cinq ans d'expérience, Il rejoint le Journal Scientifique et Technique du Mali (jstm.org) où il occupe le poste de Rédacteur en Chef. Il écrit également pour le site ww.maliweb.net. Mamadou TOGOLA est titulaire d'un diplôme de formation en alternance de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille.

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