Environnement

Pollution de l’Air Bamako : la cote d’alerte

Bamako, à  l’instar de nombreuses métropoles à croissance démographique forte fait face aux problèmes environnementaux, notamment la pollution atmosphérique qui a atteint un seuil critique.

Le cadre de vie n’est pas porteur de vie dans la capitale malienne où il est difficile de respirer de l’air pur. Cette situation s’explique en grande partie par le nombre important d’engins motorisés à deux roues qui constituent de nos jours le mode de transport le plus sollicité, l’âge avancé de la majorité des véhicules motorisés à quatre roues, l’augmentation rapide de l’usage de véhicules d’occasion. Selon une étude sur la qualité de l’air dans le district de Bamako initié par le Projet sectoriel des transports (PST2) en 2015 « la pollution du district serait liée à trois sources majeures de pollution atmosphérique. Il s’agit du trafic automobile, que ce soit en raison des émissions des moteurs ou du soulèvement des poussières de rue, la cuisson des aliments au bois et au charbon de bois, ainsi que les brûlages non contrôlés de déchets. En outre, les chercheurs  indiquent que le district de Bamako se situe parmi les villes les plus polluées notamment par des particules et les gaz comme le NO2, le benzène, le SO2, et le CO »

Déjà en 2010 une étude consacrée à la qualité de l’air à Bamako tirait la sonnette d’alarme « La pollution par les composés organiques volatils et en particulier le benzène est, par contre, préoccupante. Cette pollution est en grande partie imputable aux motos à moteurs à deux temps. Le benzène est cancérigène et selon les résultats des études scientifiques réalisées sur ce thème, le benzène provoque un excès de risque collectif d’environ 249 cancers par an à Bamako. Sans plan d’action scientifique, cet excès pourrait monter à 686 cancers en 2020. Les poussières émises constituent la pollution principale de la ville. La concentration moyenne annuelle en particule PM10 a été estimée à 333 ug/m3, avec des pointes journalières dépassant 600 ug/m3, alors que la recommandation journalière de l’OMS est de 50 ug/m3 à ne pas dépasser plus de 3 jours ».

Cette pollution, selon les résultats de l’étude, est responsable de nombreuses maladies respiratoires notamment une augmentation de la mortalité à Bamako due aux poussières est comprise entre 19 et 27 % avec une augmentation de consultations médicales ou hospitalisation d’environ 37 000 personnes par an sur un total de maladies respiratoires déclarées de 133 000 cas. « Sans action particulière, fait passer en 2020 le nombre de cancers lié au benzène à 686 cas par an, et l’augmentation de la mortalité due aux poussières à un chiffre compris entre 24 et 34 % de la population soit environ 18 652 morts prématurées, avec des maladies infectieuses respiratoires imputables aux particules en suspension passant à 49 000 cas », indique l’étude sur la qualité de l’air à Bamako.

Harouna FOMBA, Journaliste scientifique

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