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Pityriasis Rosé de Gibert: un premier cas causé par une hépatite virale B découvert au Mali

Jusqu’à ce jour, il n’était pas possible d’identifier avec certitude un agent infectieux du Pityriasis Rosé de Gibert (PRG). Son origine la plus probable semble se tourner aux agents viraux: Herpes viridae. La récente étude menée par des médecins dermatologues maliens, sur un patient âgé de 47 ans, révèle pour la première fois, un pityriasis rose causé par une hépatite virale B.

Le pityriasis rose est une dermatose (maladie de la peau). Il atteint surtout les jeunes adultes avant 35 ans. « Dans notre cas, la maladie a atteint un sujet plus âgé. C’est ce qui a fait l’intérêt de notre étude et le caractère prurigineux car dans le PRG le prurit n’est pas féroce » souligne le Dr Yamoussa Karabinta,  dermatologue-vénéréologue et enseignant-chercheur à  la Faculté de Médecine et d’Odontostomatologie (FMOS) de Bamako. Cette maladie indique les chercheurs, est dans 60% des cas précédée de fièvre peu élevée (38.5°C), malaise général, maux de tête, nausées, douleurs articulaires, et  mal de gorge. Elle présente deux types de lésion: les médaillons rosés mesurant plus de 1 à 6 centimètres de diamètre et, de petites lésions aussi rosées parfois un peu boursoufflées.

Dans l’étude, le patient âgé de 47 ans, originaire de Diago (Commune de Kati), sans antécédents médicaux et chirurgicaux connus, présentait des lésions cutanées associées à un prurit. L’analyse a mis en évidence, des macules ovalaires, rosées de 2 mm à 1 cm de diamètre, avec un médaillon central localisé sur le dos du patient. La surface de ces lésions maculeuses était recouverte de fines écailles. Ainsi affirment les chercheurs,  Un traitement à base de Vaseline à l’urée 5% associé à un antihistaminique (Mequitazine 10mg) est prescrit au patient. Cependant la maladie resurgit au bout de deux semaines faisant cas d’une persistance du prurit.

Analyse assez bénéfique

Devant la persistance de ce prurit, un bilan à la recherche d’une étiologie est enclenché. Les conclusions ont révélé une hypersidérémie, une hypertransaminasémie, un AgHBs plus Ac anti-HBc IgM positifs. « Au regard de ces résultats, le diagnostic d’une hépatite virale B aigue associé à un PRG fut retenu » affirme Docteur Yamoussa Karabinta. Bien qu’une origine virale fût évoquée, aucun cas pareil n’avait été rapporté. Après cette découverte, « nous nous sommes dit, soutient le Dr Yamoussa, que la liste d’agents viraux dans la survenue de PRG est loin d’être exhaustive et que les recherches doivent continuer pour élucider le problème.»

Le service des maladies infectieuses de l’hôpital du Point G a instauré une surveillance régulière pour le suivi de l’hépatite B du patient. Ces résultats devraient conduire les dermatologues, à proposer systématiquement, la recherche d’une infection virale à l’hépatite B devant des PRG très prurigineux et résistants aux traitements habituels.

@Mardochée Boli

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