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Mali: le karité, un trésor mal exploité

A lui seul, le Mali représente 23% de la production mondiale de noix de karité. Ce qui fait de notre pays, selon la FAO, le deuxième plus gros producteur mondial de karité après le Nigeria.

En 2008, le Mali, indique l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), a produit 190 000 tonnes d’amandes de karité. La même année, une étude de  Myriam Lafleur, une Canadienne, sur la production de karité dans les pays sahéliens estime le potentiel de production du Mali à 250 000 tonnes. Soit, le taux de production le plus élevé de la sous-région ouest-africaine.

Malheureusement, avec 50 millions de pieds de karité tout comme au Nigeria, le Mali pèche dans l’organisation de ses filières de production et de commercialisation. Ainsi, l’étude Lafleur révèle que notre pays exporte seulement 3 000 tonnes de beurre de karité. Au moment, le Togo qui occupe le 7e rang mondial des pays producteurs de karité exporte jusqu’à 15 000 tonnes de beurre de karité.

Autre conséquence de la désorganisation du secteur au Mali, en 2006, le Burkina Faso devient  le premier pays à offrir un beurre de karité certifié. Le pays occupe, à ce jour, la première place des exportateurs de beurre de karité. Pourtant, le Burkina s’approvisionne en amandes de karité au Mali. Car, sa production d’amandes de karité estimée seulement à 75 000 tonnes est insuffisante pour ses besoins de consommation et d’exportation.

Dans son rapport de 2011, la Fédération nationale de Karité (FNK) pointe du doigt les principaux problèmes du secteur au Mali. Il s’agit entre autres de: la faible organisation des acteurs; la faible maîtrise des techniques améliorées; l’insuffisance d’infrastructures pour la conservation des noix bouillies séchées; les difficultés d’accès aux emballages appropriés; l’insuffisance d’infrastructures de collecte, de vente et de transport; les difficultés d’accès aux informations des marchés.

 

le barattage beurre de karité

En exécution au ministère de la Promotion de la Femme, le Projet karité Mali estime à trois millions, le nombre de femmes exerçant dans ce secteur. 80% de leurs revenus annuels y proviennent.  Si au Mali, le travail de karité est saisonnier, au Burkina par contre, les femmes y exercent toute l’année. Là-bas, on l’appelle : « l’or des femmes».

Aly Bocoum

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