Santé

L’hémophilie

Il existe au Mali, selon les estimations 1 500 personnes souffrant de cette pathologie, dont 42 cas, sont effectivement suivies. Selon le spécialiste Dr Yacouba Lazare Diallo, hématologiste à l’hôpital du Mali , seul un diagnostic biologique permet de détecter le mal. D’après ses explications le patient hémophile ne saigne pas plus vite qu’une personne non hémophile, `mais saigne plus longtemps. « La maladie peut également entrainer des hémorragies cérébrales, urinaires. Conséquence : le patient peut en mourir s’il n’est pas pris en charge » a t-il affirmé.

Une maladie héréditaire , rare et incurable qui touche essentiellement les hommes

Cette maladie, explique le spécialiste Dr Yacouba Lazare Diallo, hématologiste à l’hôpital du Mali, se caractérise par un déficit du facteur de coagulation. Le facteur de coagulation est une protéine présente dans le sang qui a pour fonction de maîtriser les hémorragies (saignements). L’Hémophilie est une maladie génétique transmise des parents à leurs enfants, c’est une maladie rare. L’orateur dira qu’elle se caractérise, sur le plan clinique, par des saignements prolongés en cas de blessures accidentelles ou provoquées. Ces saignements, soutient -il, peuvent être extériorisés ou non.

Le hic est qu’un hémophile peut potentiellement saigner partout et à tout moment. Il précise que les saignements dans les articulations sont plus fréquents. Le spécialiste de signaler que le diagnostic est exclusivement biologique (par prise de sang) et consiste en la documentation des déficits quantitatifs en facteur de coagulation spécifique.

L’hémophilie touche essentiellement les hommes, mais on sait aujourd’hui que de nombreuses femmes dites porteuses présentent aussi des symptômes de l’hémophilie.. Il a tiré la sonnette d’alarme en ce qui concerne la prise en charge coûteuse des patients. Tenez-vous bien, le traitement annuel peut coûter plus de 16 millions de FCFA. Au Mali, les coûts directs et indirects de la prise en charge de l’hémophilie sont supportés par des malades et leurs familles. En matière de prise en charge, les malades sont suivis dans deux structures à savoir l’hôpital Gabriel Touré et l’hôpital du Mali.

Selon Dr Diallo, dans un avenir proche, il entend former d’autres médecins pour une meilleure prise en charge de l’hémophilie dans les différentes régions du Mali. Car d’après lui, si les traitements d’aujourd’hui ne guérissent pas l’hémophilie, ils permettent d’arrêter un saignement à la suite d’un accident hémorragique. « Grâce au traitement préventif, ou prophylaxie, cet accident peut même être évité » indique le spécialiste. Il reconnait que beaucoup de progrès ont été faits dans la prise en charge de l’hémophilie, d’énormes efforts restent à concevoir pour le diagnostic des autres maladies hémorragiques.

Ramata TEMBELY, Journaliste scientifique

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