Assainissement

Les déchets domestiques ne sont pas forcément nuisibles

Avec ces 2,5 millions d’habitants, Bamako produit annuellement, selon des estimations, environ 600 000 tonnes de déchets. Ces déchets envahissement la ville et nuisent à la santé de la population. Pourtant, ailleurs dans les villages, ces déchets sont un trésor jalousement gardés près des concessions familiales.

En janvier 1991, les pays africains se sont retrouvés au Mali pour adopter la Convention de Bamako sur l’interdiction de transporter en Afrique des déchets dangereux et la gestion des déchets dangereux produits en Afrique. Cette convention définit les déchets comme étant

des substances ou matières qu’on élimine, qu’on a l’intention d’éliminer ou qu’on est tenu d’éliminer en vertu des dispositions du droit national. 

Dans les villages et petites villes du Mali, le compostage des déchets est une technique séculaire. A Bla, village situé à 70 kilomètres de Bougouni dans le cercle de Sanso, les habitants connaissent bien le compostage. Là, certaines familles ont, derrière les concessions, deux ou trois trous utilisés alternativement d’une année à l’autre. Les ordures ménagères y sont déposées, tout comme les détritus issus de l’élevage des caprins. Pour ces paysans les ordures sont un palliatif de l’engrais chimique dans la fertilisation des champs.

Dans les campagnes, le compostage est favorisé par le type de déchets, essentiellement constitués de débris végétaux. Contrairement aux ordures ménagères de Bamako qui contiennent 51% de poussière; 17,5% de débris végétaux; 17,5% de reste de cuisine. Selon le document d’Analyse de la Situation et Estimation des Besoins (ASEB) en santé et environnement au Mali. Cette composition des déchets à Bamako réduit, selon la même étude, la potentialité de transformation de Bamako.

Mamadou Mariko, Journaliste scientifique

Titulaire d'un diplôme de formation en alternance de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, je suis passionné par les sujets scientifiques. Contactez-moi par mail: mamadou.togola@jstm.org

Laisser un commentaire