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ICRISAT: Le potentiel de nouvelles variétés améliorées de sorgho convainc des agriculteurs au Nigéria

«Des amis sont venus me demander des semences des deux variétés améliorées pour semer dans leurs champs. J’ai dit oui! Je n’avais pas besoin d’en dire plus car ils étaient très intéressés d’obtenir des grains de sorgho aussi gros et beaux que ceux de mon champ », explique Abdullahi Shehu, montrant du doigt les plantes de la variété CF35.5.

Abdullahi Shehu de Zakirai, est agriculteur dans l’Etat de Kano au Nigeria ; il a accepté de tester deux nouvelles variétés améliorées de sorgho, CF35.5 et KL1. Au mois de juin 2017, il a reçu des mini-sachets de 500 g de semences qu’il a semées à côté de sa variété locale. Trois mois plus tard dans la saison hivernale, Abdullahi était surpris.

CF35.5, une variété de taille courte (moins d’un mètre de haut), était déjà à maturité et avait produit de grosses panicules avec de grosses graines, même sans l’apport d’engrais. Un autre point intéressant était sa tolérance au Striga (mauvaise herbe parasite), une menace sérieuse pour le sorgho dans la région.

« Je suis très content des résultats. KL1 aussi s’est bien comportée. Elle  parvient à maturité avec des graines bien remplies », dira-t-il.

Impressionné par la performance des deux variétés améliorées, Abdullahi est enthousiaste à l’idée de pouvoir remplacer sa variété locale par des variétés améliorées. Pour la prochaine saison culturale, il a l’intention de cultiver seulement les variétés améliorées CF35.5 et KL1 dans tous ses champs. Témoin des résultats des variétés améliorées, il est prêt à expérimenter davantage : «C’est la première fois que je teste de nouvelles variétés issues de la recherche. J’ai été  chanceux et j’ai l’intention de continuer « , ajoute-t-il.

Abdullahi Shehu présente la variété améliorée KL1 dans son champ. Photo: M. Magassa, ICRISAT

Le fait que Abdullahi Shehu soit devenu un champion et qu’il ait déjà encouragé plusieurs autres producteurs de sorgho dans le village à faire un pas vers le changement, son cas n’est pas isolé. A travers le Nigéria et le Burkina Faso, des agriculteurs qui ont essayé les mini-sachets de semences ont développé un fort intérêt pour les nouvelles variétés de sorgho et de mil  parce qu’elles sont plus productives et sont plus précoces que les variétés locales.

« J’ai testé une petite quantité de semences offertes par un autre producteur et les résultats étaient impressionnants. L’année prochaine, je vais semer cette variété sur tout mon champ de 3 ha », conclut Boukari Ouedraogo, un producteur de la région du centre-nord du Burkina Faso après avoir testé Sariaso 22, une variété hybride de sorgho. Les mini-sachets de semences sont distribués dans le cadre du projet HOPE II.

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Les trois variétés qui ont été semées dans le champ de M. Abdullahi Shehu.

Projet: Exploiter les opportunités pour l’amélioration de la productivité du sorgho et du mil en Afrique-Subsaharienne (projet HOPEII). Le projet HOPE est mis en œuvre par l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT), en collaboration de nombreux partenaires en Afrique de l’Est (Tanzanie, Ouganda, Ethiopie)  Afrique de l’Ouest (Mali, Nigeria et Burkina Faso).

Partenaires: Institut de l’Environnement et des Recherches Agricoles (INERA), Burkina Faso; Institut d’Economie Rurale (IER), Mali; L’Institut de recherche agricole (IAR) de l’Université Ahmadu Bello (ABU) et l’Université Usmanu Danfodiyo de Sokoto (UDUS), Nigéria; Institut éthiopien de recherche agricole (EIAR), Ethiopie; Département de la recherche et du développement (DRD), Tanzanie; Institut national de recherche sur les ressources semi-arides (NaSARRI) de l’Organisation nationale de recherche agricole (NARO), Ouganda.

Donateur: Fondation Bill et Melinda Gates (BMAGF).

Com/projet HOPEII/ICRISAT

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