Economie

Le plan de trésorerie dans les PME. A quoi cela sert ? (contribution)

LE PLAN DE TRÉSORERIE DANS LES PME

A quoi cela sert ?

La demande de financement des PME au Mali, voire en Afrique de l’Ouest reste de plus en plus croissante. Les raisons sont bien connues :

  • Soit pour un besoin d’investissement
  • Soit pour supporter les charges de fonctionnement
  • Soit pour résoudre une tension de trésorerie

Dans le premier cas, les investissements des PMEs sont très souvent liés aux nouveaux projets et produits. Un mini sondage auprès de 30 chefs d’entreprises révèle que moins de 5% peuvent décider d’aller vers un financement externe pour débuter un nouveau produit ou projet. La plupart des cas, les nouveaux produits sont mis en place par les revenus issus de l’existant.

Dans le second cas, contracter un crédit pour faire face aux charges de fonctionnement, c’est que l’entreprise est en déficit accru. Aucune entité ne peut continuer d’exister en consommant plus que ses produits.

D’où la conclusion selon laquelle : la demande de financement des PME est principalement pour résoudre une tension de trésorerie.

La tension de trésorerie, si elle n’est pas maitrisée, laisse des impacts très significatifs sur le résultat de l’entreprise : Difficulté de payer les salaires, de renouveler les consommables de production, et de gérer les fournisseurs. Pour les petites entreprises, c’est une fermeture qui s’annonce aisément. Pour les moyennes entreprises, les dettes fournisseurs s’explosent, une pression spontanée est mise sur la clientèle, les ventes sont parfois réalisées à perte, les crédits flash viennent alourdir les charges de fonctionnement et/ou financières, et à terme, la fermeture s’annonce. Bon nombre d’entreprises bien rentables n’existent plus, pour des carences dans la gestion de la trésorerie.

 

Quels sont les éléments du plan de trésorerie ?

Le plan de trésorerie retrace tout simplement les encaissements et les décaissements entre deux périodes. Il comporte quatre grandes parties à savoir :

  • Le solde initial
  • Les encaissements
  • Les décaissements
  • Le solde final

Le solde initial est déterminé par la valeur réelle des encaisses dans les comptes bancaires de l’entreprise et dans toutes les petites caisses au sein de l’entreprise.

Les encaissements sont constitués de toutes les entrées de liquidité dans le compte de l’entreprise. Ce sont principalement :

  • Les paiements ou recouvrements clientèles : tout ce qui est reçu de la part d’un client de l’entreprise
  • Les nouveaux prêts décaissés : ce sont les crédits contractés auprès des institutions financières de la place, ou d’une tierce entité.
  • Les injections de fonds par les promoteurs : ce sont les avances en comptes courant c’est-à-dire le « prêt » octroyé par un actionnaire ou un partenaire de la société.

Les décaissements sont constitués de toutes les sorties de liquidité dans le compte de l’entreprise. Ce sont principalement :

  • Le règlement des factures fournisseurs (anciennes et nouvelles factures)
  • Le paiement des salaires
  • Le règlement des charges financières, ce sont les échéances des prêts en cours.

Après cela la déduction du solde final est calculé sur la formule :

Sf = Si + En – De

Sf = Solde final

Si = Solde Initial

En = Encaissement

De = Décaissement

Comment suivre un plan de trésorerie ?

Pour suivre, il faut d’abord prévoir. D’où la nécessité d’élaborer un plan de trésorerie prévisionnelle et mensualisée pour les PME. Une entreprise qui veut éviter de se retrouver dans un mois où même payer les salaires sera un véritable casse-tête, doit élaborer un plan de trésorerie adossé au budget et suivi journalièrement.

Cela permettra de savoir les délais à négocier avec les fournisseurs, et pouvoir s’y prendre tôt pour négocier les ressources extérieures (prêts bancaire, avance en compte courant…) si cela est prévu dans l’année.

Le suivi se fait généralement comme le suivi budgétaire. Chaque encaissement et décaissement réalisés doivent faire l’objet de changement du reporting de trésorerie déposé à la Direction Générale. Cela nécessite aussi une bonne organisation de l’entreprise et des responsabilités.

La ressource humaine en charge de la gestion de la trésorerie doit être directement lié au décideur. Elle peut mieux aider à rejuger les dépenses même si elles ont été budgétisées en début d’année.

« Il faut savoir qu’on est pas obligé de consommer tout le budget d’une entreprise comme certains chefs départements ou directeurs le croient. L’impact est lourd sur la trésorerie. »

 

  1. Dogbéda Hippolyte ADOKO

Statisticien Financier

adokodogbeda@gmail.com

Laisser un commentaire