A la une, Actualite Scientifique, Agriculture

IPR/IFRA de Katibougou: la ministre de la Recherche Scientifique visite les infrastructures

Mme le ministre de l’Innovation et de la Recherche Scientifique, Pr Assétou Founè Samaké Migan, a visité le mercredi 7 novembre 2018, les infrastructures de recherche et d’appui à la recherche de l’Institut Polytechnique Rural de Formation et de Recherche Appliquée (IPR/IFRA) de Katibougou.

La visité a débuté par les grandes parcelles et le potager. Là-bas la délégation a été imprégnée sur les différentes productions faites dont la pomme de terre sur ces parcelles. Mme le Ministre conseilla à la Direction de l’institut de s’ouvrir à d’autres acteurs surtout les privés pour partager avec eux les expériences de l’IPR/IFRA de Katibougou dans la production de la pomme de terre qui est de plus en plus sollicitée sur le marché national. Aux dires de Mme le Ministre, la promotion de la production locale de pomme de terre contribuera davantage au développement du pays avec la création des milliers d’emplois sur place. C’est pourquoi elle a beaucoup insisté sur cet aspect.

En réponse aux soucis de Mme le Ministre, le Directeur Général de l’IPR/IFRA de Katibougou, Pr Mahamoudou Famanta a souligné que les besoins du pays en matière de semences de pomme de terre s’élèvent à 3000-4000 tonnes de pomme de terre par an. « Actuellement avec la technologie, on a la possibilité de satisfaire ces besoins du pays à hauteur de 70 à 80%. La seule contrainte, c’est la chambre froide. Par ce que la pomme de terre est produite pendant la seule période d’octobre à fin février. A partir du mois de mars avec l’installation de la chaleur, il faut la chambre froide pour conserver les semences. Sauf qu’avec les coupures récurrentes d’électricité d’EDM S.A, la conservation dévient très difficile. Peut-être il faudrait penser à l’Energie solaire à la place de l’énergie fossile pour pallier à ce problème d’électricité pour les chambres froides. Sans ce problème on sera en mesure de satisfaire le marché national dans la production des semences de pommes de terre à plus de 80% » a tenu à préciser le Directeur Général.

Comme alternative à cette épineuse question de la chambre froide, Mme Diarra Haby Sanou, Conseillère Technique au ministère de l’IRS, propose de produire des vitro plans à grande échelle dans le labo en les stockant, dit-elle, dans le milieu minimum. Et s’il y a une ou plusieurs serres, explique-t-elle, où on peut faire l’acclimatation. On fait sortir les vitro plans des tubes à essai, on les fait acclimater sous serres. Les vitro plans produisent de mini tubercules qui serviront de semences de pommes de terre. Quand on sème ces muni tubercules, on peut avoir des pommes de terre de gros calibres. Donc ces mini tubercules peuvent servir de semences de pommes de terre. Les périodes pendant lesquelles on a besoin des semences de pommes de terre, il faut faire le sevrage en masse sous serre pour avoir de mini tubercules.

Pour appuyer cette proposition de Mme Diarra Haby Sanou, Pr Mahamoudou Famanta a souligné que l’institut est inscrit dans la dynamique de chercher d’autres variétés de semences de pomme de terre productibles en période pluviale. Selon lui, cela permettra de réduire le temps de conservation des semences.

Après le potager, Mme le Ministre et sa délégation, sous la conduite du Directeur Général ont visité les parcelles du Centre d’Innovation Vertes (CIV), un centre financé par la coopération allemande. Il s’agit des parcelles de démonstration pour la production de pommes de terre, papayes, bananes, du riz etc… à travers le système goute à goûte dans l’arrosage des plantes.

Cette étape a été suivie de la visite d’un dispositif de filtration d’eau réalisé par quelques étudiants finalistes de l’institut (Aménagement Hydro Agricole) sous la supervision de Dr Sidi Ba, enseignant chercheur à l’IPR/IFRA de Katibougou. Le Dispositif (forage) s’appelle Système Filtration Lente sur Sable. C’est un système moins couteux selon Dr Sidy Ba et qui est développé même aux USA. Il permet de traiter l’eau brute pour en faire une eau potable. C’est un système qu’on peut développer dans les villages surtout pour les populations riveraines qui consomment directement l’eau des rivières sans traitement. Ce qui n’est pas sans conséquences pour qui connait le degré de pollution de nos rivières aujourd’hui. Il (cette technique) pourra ainsi contribuer à l’atteinte des objectifs d’accès à l’eau potable pour tous des autorités du pays. La particularité ce système c’est qu’il n’utilise aucun produit chimique pour traiter l’eau. C’est-à-dire, un traitement purement biologique.

L’expérience a été démontrée par les étudiants eux-mêmes à la délégation. Selon Dr Sidi Ba a eu à comparer à l’eau traitée par le Système Filtration Lente sur Sable à d’autres eaux potables dans des bidons d’eau différents. A vu d’œil on ne pouvait faire aucune distinction. Ce qui a beaucoup impressionné les visiteurs. A travers cette démonstration, les étudiants et leur encadreur cherchait à solliciter l’accompagnement des autorités pour la promotion d’un tel système dans le pays à travers la création d’une startup. Un appel sans nul doute entendu par Mme le Ministre qui a promis de les aider surtout dans la création d’une startup.

Après la visite de ce dispositif des étudiants, Mme le Ministre et sa délégation se sont rendus au Secteur d’Elevage de l’IPR/IFRA de Katibougou où ils ont visité le poulailler financé par les Canadiens à travers le projet FASAM (Formation Agricole pour la Sécurité Alimentaire au Mali) dans le cadre d’une activité de recherche. Il s’agit de la substitution de la Farine de sang à la farine de poisson (très couteuse) dans l’alimentation des poussins et poulettes « Wassachè ».

« Ce projet vise à substituer, comme son nom l’indique, la farine de sang à la farine de poisson dans l’alimentation des volailles. On sait qu’au Mali la farine de poisson est très chère du fait que c’est une denrée importée et souvent non disponible sur le marché local. Alors que la farine de sang qu’on préconise d’utiliser sera produite sur place. Nous savons que dans nos abattoirs il y a beaucoup de sang qui est jeté. Cela cause des problèmes sanitaires et écologiques. Nous envisageons donc utiliser cette farine produite pour la substituer à la farine de poisson » a expliqué Dr Drissa Coulibaly, Coordinateur du projet.  Le projet s’étend de juin 2018 à juin 2020 pour un coût de plus de 29 millions de FCFA soit 59,089 dollars canadiens. Le projet connait actuellement une avancée majeure. Le poulailler compte 465 poulettes et 457 coquelets soit au total 922 sujets qui sont nourris dans un 1er temps par la farine de poisson.

Du secteur d’élevage, le Ministre et sa délégation ont continué la visite au parc mécanique pour voir les équipements dont un tracteur et une grue d’ateliers. Des équipements offerts par les allemands à l’IPR/IFRA de Katibougou dont la cérémonie de remise officielle a eu lieu le 9 février 2018 par Mme le Ministre Pr Assetou Founè Samaké en présence de l’Ambassadeur d’Allemagne au Mali. La délégation a surtout été impressionnée par une petite démonstration faite par des étudiants en machinisme agricole sur les cours de technologies de construction, de la mécanique des fluides et la résistance des matériaux.

La dernière étape de cette visite fut celle du laboratoire de biotechnologies végétales, la chambre froide et les tunnels dans la production surtout des semences de pommes de terre et de bananiers. Là-bas aussi, nos visiteurs de marques n’ont pu résister face aux atouts de l’IPR/IFRA de Katibougou. Ils ont néanmoins constaté avec amertume les difficultés liées au fonctionnement de la chambre froide qui était même en panne.

A la fin de la visite, Mme le Ministre a exprimé sa pleine satisfaction. Elle dira que le but de sa présence à l’IPR/IFRA de Katibougou était de permettre que les résultats de la recherche puissent rentrer dans l’économie, dans la consommation et dans l’amélioration des conditions de vie de tous les citoyens d’où la création de son ministère (Innovation et Recherche Scientifique). Selon elle, l’atteinte d’un tel but passe par l’effort et l’adhésion de tous les acteurs dont le secteur privé à cette vision.  « C’est dans ce cadre que nous avons voulu associer un des opérateurs privés qui évolue dans le même domaine que l’IPR/IFRA de Katibougou mais qui est pratiquement sur le marché. L’objectif sait de voir comment améliorer ce que l’IPR/IFRA de Katibougou fait actuellement et aussi comment faire le lien avec le besoin national. Nous avons vu beaucoup de réalisations. Nous souhaitons maintenant voire comment réunir les conditions pour que les résultats de ces recherches soient véritablement valorisés. », a laissé entendre Mme le Ministre de l’Innovation et de la Recherche Scientifique. Elle a promis qu’elle reviendra dans les jours à venir avec un groupe d’opérateurs privés dans le but de pouvoir nouer davantage de relations entre le secteur privé et l’IPR/IFRA de Katibougou.

Cellule de Communication IPR/IFRA de Katibougou

Laisser un commentaire