Environnement

Informer-éduquer-communiquer pour préserver la qualité de l’eau du fleuve Niger

L’eau du fleuve est tous les jours agressée alors que personne ne crée l’eau. Voilà pourquoi elle doit être préservée par tout le monde, selon Dr. Karounga Keita, coordonnateur national de l’ONG Wetlands international, une organisation œuvrant au Mali à la gestion intégrée des ressources en eau, à la formation et la gestion des ressources naturelles et la conservation de la biodiversité.

Le fleuve Niger est exposé de nos jours à plusieurs risques sanitaires à cause des pratiques et activités humaines tels que l’ensablement du sol, la pollution de l’eau due au développement industriel, aux activités artisanales, au rejet d’ordures ménagères. Face à celles-ci, Dr. Karounga Keita, coordonnateur national de l’ONG Wetlands international propose une sensibilisation plus accrue pour arriver à changer les comportements des individus. « Pour préserver la qualité de l’eau du fleuve Niger, il faut véritablement réussir la sensibilisation à l’endroit des populations pour un changement de comportements. Cela ne doit pas être seulement le combat du gouvernement malien mais aussi des ONG et autres organisations nationales », conseille.

Informer-éduquer-communiquer est, d’après le coordonnateur national de Wetlands international, le schéma idoine pour parvenir à venir à bout de ce fléau. « Des normes doivent être également établies. Il faut que le laboratoire national des eaux fasse des prélèvements », propose-t-il. En cas de manquement, il faut mettre des sanctions disciplinaires et pénales, affirme Dr. Karounga Keita qui adhère à l’idée du « pollueur-payeur ».

Dr. Karounga Keita encourage le bon usage de cette ressource vitale pour le Mali. Selon lui, il faut un civisme des populations pour lutter contre la pollution de l’eau du fleuve Niger. Le fleuve Niger constitue une ressource importante au Mali. Sans cette ressource, affirme Dr. Karounga Keita, certaines villes n’existeraient pas. Les populations en majorité agressent cette eau par ignorance. « Au Mali, nous faisons de la sensibilisation, de la formation pour le renforcement des capacités des ONG nationales et des structures techniques nationales sur la préservation de la qualité de l’eau du fleuve Niger. Nous produisons aussi des films documentaires pour mieux faire changer les comportements contre l’agression de l’eau », explique-t-il.

« En perspective, détaille Dr. Mohamed Gareyane, chargé de programme, la gestion durable du fleuve Niger doit intégrer le phénomène de changement climatique et la gestion des risques de catastrophe. » Pour lui, il importe beaucoup de concilier les questions de développement avec la conservation et la restauration durables des écosystèmes du fleuve Niger. «  C’est-à-dire concilier les questions de sécurité alimentaire, de satisfaction des besoins des populations en énergies avec la durabilité des ressources naturelles et des écosystèmes de façon générale », conclut-il.

Le Delta intérieur du Niger, un atout pour le Mali

Long de 41 000 Km2 pour 1,5 million d’habitants, le Delta intérieur du Niger se positionne comme un grand atout pour le Mali. C’est que Wetlands a révélé dans un document publié en 2014 et intitulé « Gérer la richesse des zones humides du Mali pour les populations et la nature ». « Le Mali dispose d’un atout naturel qui fournit directement à deux millions de personnes du poisson, des pâturages et des terres fertiles pour la production de riz paddy et d’autres cultures », précise le document.

« Le Mali, ajoute le document, est l’exemple classique d’un pays dont l’économie est tributaire des fleuves. Une gestion rationnelle des richesses naturelles du Delta pourrait améliorer, sans aucun doute, les moyens d’existence des populations. »

Si cet atout n’est pas bien maitrisé par les populations, l’eau du fleuve Niger est en train d’être polluée à cause des activités humaines et industrielles. C’est le temps de l’action.

Sékouba Konaré, Journaliste scientifique

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