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Habitats sur les collines à Bamako: Le géologue N’dji dit Jacques Dembélé sonne l’alerte

Les villes africaines connaissent une urbanisation accélérée. Bamako n’échappe pas à ce taux annuel de croissance urbaine qui dépasse parfois 11%. A l’occasion de l’édition 2018 de la Journée de la Renaissance Scientifique de l’Afrique, le géologue N’dji dit Jacques Dembélé a présenté une étude sur l’habitat précaire autour et sur les collines à Bamako. Une « catastrophe» se prépare.

«Site urbain et insécurité de l’habitat dans les villes africaines: cas de Bamako, Mali». C’est le titre de l’étude présentée par le chercheur N’dji dit Jacques Dembélé du Département des Sciences de Géologie du Quaternaire et Géomorphologie de l’Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako (USSGB). Au cours de l’étude, le chercheur a effectué des travaux de terrain sur plusieurs sites à Magnambougou, Sokorodji, Yirimadio, Banconi Razel, Daoudabougou; des images satellitaires ont été analysées pour identifier les zones d’instabilité. Aussi, des analyses sédimentologiques, stratigraphiques et géochronologiques ont permis d’identifier le type de matériaux qui constituent les collines.

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Il existe 05 types de zones dangereuses à risque dans les agglomérations africaines. Il s’agit des: flancs de collines, sommets des collines, abords des collines, lits des cours d’eau, lieux de risques anthropogéniques (proximité des routes, des chemins de fer, des usines, etc.). Ces risques peuvent aboutir à des catastrophes comme en Sierra Leone le 14 aout 2017 quand les pluies ont provoqué des coulées boueuses et des inondations qui ont couté la vie à 1 141 personnes et ont 3 000 sans-abris. A Bamako, révèle l’étude, les risques liés aux collines constituent les chutes de pierre ou de blocs, les éboulements ou coulées de boues et l’érosion de surface dans les alluvions.

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Des résultats qui interpellent…

Avec les changements climatiques, les pluies diluviennes sont de plus en plus fréquentes. Avec l’obstruction des voies d’écoulement par les habitats. En août 2013, 34 personnes perdent la vie dans des inondations à Bamako. Dans ses conclusions, le chercheur indique que «si la tendance actuelle continue, la ville de Bamako se dirige vers une catastrophe semblable au cas sierra léonais». Il est temps, interpelle l’enseignant, que les autorités politiques à différents niveaux prennent leur responsabilité.

Pourtant, conseille le géologue, ces collines devraient et doivent être préservées et reboisées en vue de «renouveler la quantité d’oxygène disponible dans la ville et servir de refuge en cas d’inondation à grande échelle».

⇒  Cette étude de N’dji dit Jacques Dembélé a remporté le prix en Sciences sociales de l’édition 2018 de la Journée de la Renaissance Scientifique de l’Afrique.

@mamadou_togola

Titulaire d'un diplôme de formation en alternance de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, je suis le Red Chef du Journal Scientifique et Technique du Mali. Contactez-moi par mail: mamadou.togola@jstm.org

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