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Fleuve Niger: des smartphones et des drones pour surveiller la qualité de l’eau

La détermination de la qualité de l’eau du fleuve Niger est effectuée par les laboratoires nationaux en fonction des besoins spécifiques. Pour le grand public, ces données ne sont pas accessibles. Pour changer la situation, l’Agence du Bassin du Fleuve Niger (ABFN) et ses partenaires ont lancé un projet de Collecte des données avec les nouvelles technologies.

«Collecte et partage continus de données sur la qualité de l’eau du fleuve Niger à Bamako et environs». C’est la dénomination du projet de l’ABFN et de son partenaire Wetlands International, avec l’appui technique de l’ONG AKVO et sur financement de l’ONG Via Water.

Pour la collecte des données sur le smartphone et la numérisation des enquêtes Akvo a déployé un portail de données sur la qualité de l’eau. C’est un espace de travail en ligne d’Akvo Flow dédié à cet effet et une application Android qui a permis de créer des fiches d’enquêtes et de recueillir des données à l’aide de smartphones. Le dispositif fonctionne également dans des zones sans Internet ni  connexion mobile.

Le réseau de collecte de données

À la Journée de la Renaissance Scientifique de l’Afrique, célébrée le 30 juin dernier, Dr Baba Faradji N’Diaye, coordinateur du projet, a présenté son réseau de collecte de données réparti comme suit: 17 sites (7 en Rive Droite et 10 en Rive Gauche); 58 points de prélèvement qui ciblent les grands collecteurs; sur chaque site, il existe 3 à 4 points de prélèvement: B) dans le Collecteur, A) en amont, C) en aval, D) au milieu. Pour le drone, explique le chercheur, des transects sont tracés en fonction des points chauds identifiés par les smartphones.

Le drone sous-marin collecte les informations toutes les 10 secondes, l’utilisateur du smartphone, quant à lui, fait des photos de l’eau et fait entrer les paramètres du fleuve dans son appareil. Les deux appareils traitent les données pour les envoyer ensuite sur un serveur à partir duquel les spécialistes analysent les informations avant de les acheminer au laboratoire d’analyses de l’eau afin d’en tirer des conclusions.

Des résultats alarmants…

Des prélèvements effectués les chercheurs ont permis de déterminer: la profondeur, la température, la conductivité, la turbidité, l’oxygène dissous. Les résultats ont montré: des eaux fortement chargées en phosphates et une eau de qualité médiocre. Aussi, la concentration d’oxygène dissous se situe entre 4 mg/L et 8 mg/L. Il ressort également que 95% des points prélevés présentent des risques élevés de coliformes fécaux. Cependant, les chercheurs notent une eau bonne pour la plupart des espèces de poissons d’eau chaude.

@mamadou_togola

Titulaire d'un diplôme de formation en alternance de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, je suis le Red Chef du Journal Scientifique et Technique du Mali. Contactez-moi par mail: mamadou.togola@jstm.org

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