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Excision au Mali: Plus de 5 000 prises en charge médicales et psychologiques en 2018

Les mutilations génitales féminines (MGF) et l’excision sont principalement pratiquées dans 29 pays d’Afrique et du moyen Orient. Au Mali, plusieurs femmes souffrent de séquelles de la pratique des MGF et plus de 5000 victimes ont étés prises en charges dans des hôpitaux, et des  centres de santé.

Des douleurs atroces. Hémorragie massive, infections et difficultés urinaires, des couts liés à la fourniture des services médicaux élevés sont entre autres des difficultés liés à ces pratiques. Pourtant la pratique des mutilations génitales féminines ne diminuent presque pas dans le pays.

Selon les données de l’enquête démographique et de santé du Mali (EDSM-V), 69% des filles âgées de 0-14 ans et 91% des filles âgées de 15-49 ans ont été victimes d’excision. Ce chiffre place le Mali au 5ème rang dans la pratique de l’excision en Afrique. Toutefois, le constat est amer, car la prévalence est la même aussi bien en milieu urbain qu’en zone rurale (91% contre 92%). Dans le pays, 5 790 victimes ont reçu une prise en charge médicales et psychologiques en 2018, selon le rapport national de lutte pour l’abandon de l’excision au Mali.

Salimata Koné, une des victimes de cette pratique raconte : « tout a commencé quand  on m’a excisée à bas âge ». De teint noir, installée dans une chambre à l’hôpital du point, la jeune dame mariée à 12 ans et enceinte à 13 ans, explique t-elle dans une voix triste, ce vendredi 8 février 2018 : « j’ai fait une semaine en voulant mettre mon enfant au monde. Dans notre village, il n’y avait ni de sages femmes à fortiori un centre de santé. Suites aux complications liées à l’accouchement, on m’a amené à l’hôpital du Mali. De là-bas, j’ai subi une césarienne mais l’enfant était déjà mort. Les médecins m’ont expliqué que mon excision n’a pas été bien faite. Et que cela fait partir des conséquences de cet acte ». Dès lors, Salimata a eu la fistule, et n’arrive plus à contenir ses urines. Après maintes consultations et cinq opérations chirurgicales dont deux à l’hôpital Gabriel Touré et trois à l’hôpital de Point G, la jeune dame s’apitoie sur son sort : « je ne sais pas à quand cela va s’arrêter ».  Depuis six mois, la santé de Salimata n’arrête de se détériorer. Aux difficultés de guérison de sa fistule s’ajoute une diarrhée aigüe et des vomissements interminables.  Actuellement, elle est prise en charge au service des maladies infectieuses du point G mais  pour le moment, les médecins continuent de diagnostiquer son cas pour déterminer le type d’infection qui s’est ajouté au problème de sa fistule.

« Une fillette de 3 ans excisée…a fait une semaine à la maison….avant qu’on décide de l’évacuer au Csref » | Dr Saoudatou Tall, gynécologue

Dr Saoudatou Tall, gynécologue au « One stop center » raconte : « parmi les cas j’ai eu à traiter, un cas m’a beaucoup touché : une fillette de 3 ans excisée par sa grand-mère.  Au début, la vielle  ne voulait pas l’amener à l’hôpital mais c’est quand elle a vu que la fillette a fait une semaine à la maison et que le sang  n’arrêtait pas de  couler qu’elle a décidé de l’évacuer au Csref de la commune V. Rapidement nous avons procédé à la prise d’une donneuse de sang pour l’administré dans son corps. C’est pour seulement dire que cela est une des leçons et une des conséquences néfastes de cette pratique ».

Hadjiratou_Maïga

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