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Diabète au Mali : Plus de 3,2% de taux de prévalence

Le 14 novembre est célébré chaque année la journée mondiale du diabète. Le thème général de la campagne de l’année 2018-2019 est titré : « La famille et le diabète » avec comme message principal « Le diabète concerne chaque famille ». Au Mali, un séminaire de formation de 10 jours est  organisé par le gouvernement en partenariat avec l’ONG Santé Diabète  dans le but de former les médecins généralistes, sages-femmes, entre autres sur la prise en charge du diabète.  Comment se manifeste le diabète ? Quelles sont les actions préventives ? Le point avec  deux endocrinologues- diabétologues,  Docteur Mahamadou Minkaïlou Maïga et Dr Amagaran Togo.

Amaigrissement, fatigue, envie fréquente d’uriner, soif importante en malaise, nausées, troubles visuels sont entre autres les symptômes du diabète, liste Dr Togo, endocrinologue et diabétologue à l’hôpital du Mali.

C’est quoi le diabète ?

Le diabète est une pathologie chronique causée par l’incapacité du corps à produire l’insuline ou à l’utiliser de manière efficace. Il ne se guérit pas. Quant à l’insuline, c’est une hormone fabriquée par le pancréas, elle agit comme une clé qui ouvre les cellules afin que le glucose présent dans le sang puisse y pénétrer et produire de l’énergie. Sans l’insuline, le taux de glucose dans le sang ou glycémie augmente, provoquant des dommages dans tout l’organisme.

Il faut noter toutefois qu’il y a des facteurs de risque naturels et favorisants de la maladie. Ces facteurs de risque naturels sont la plupart l’antécédent familial de diabète. Autrement dit, les personnes qui ont des parents diabétiques, un frère ou une sœur, ont plus de chance de développer le diabète. A cela s’ajoute la sédentarité (bouger moins ou manquer d’activités sportives). Le  surpoids et l’obésité, peuvent être  également des facteurs de risque naturel.

Parmi les facteurs de risques favorisant, le diabète gestationnel qui apparait au cours de la grossesse et qui peut disparaître souvent après l’accouchement. Mais la plupart de ces femmes sont souvent à risque de développer un vrai diabète du type II, ajoute Dr Minkaïlou, endocrinologue et diabétologue en commune II du district de Bamako. Autant pour les patients  qui ont des problèmes de cholestérol, d’hyper-épidémie ainsi que les femmes qui ont donné naissance à de gros bébés de plus de 4kg.

Selon la Fédération Internationale du Diabète (FID), le diabète est une des causes majeures de maladies cardio-vasculaires cérébrales, de cécité, d’insuffisance rénale et d’amputation des membres inferieures. En 2017, FID avait estimé que 425 millions de personnes étaient diabétiques dans le monde. La  proportion africaine représentait 16 millions, au Mali 3,2 % de la population était diabétiques la même année.

Selon FID, une personne atteinte de diabète sur 2 n’est pas diagnostiquée. Un diagnostic et un traitement précoce sont essentiels pour retarder et prévenir les complications afin d’obtenir des résultats plus sains. Si le diabète de type I n’est pas détecté rapidement, il peut entrainer une invalidité grave ou la mort.

Il existe toutefois des actions préventives basées sur les facteurs de risques modifiables. Le changement de comportement, les règles hygiéniques, c’est-à-dire éviter de manger des aliments sucrés, salés ou trop gras qui sont comme une surcharge pour le corps, éviter une prise de poids excessive, mais aussi la pratique de l’activité physique, poursuit Dr Minkaïlou.

Pour Dr Amagaran Togo, il  existe aussi des mesures à prendre pour des personnes atteintes du diabète afin de ne pas être confronté à d’autres risques. Les personnes atteintes de diabète ne doivent pas marcher pieds nus, ni mettre le henné sur leurs pieds. Avant d’ajouter qu’en cas d’une consultation, ce serait très difficile aux médecins de voir l’état auxquelles les pieds se trouvent. Il est déconseillé également à ces personnes de porter des chaussettes serrées, ajoute-il.

Le diabète en général est classé en quatre grands groupes. Le diabète de type I atteint en général les enfants et les adultes jeunes. Il est le plus souvent rencontré au Mali.  Le type II, majoritairement concerne les sujets d’âge supérieur à 30 ans. Ce sont eux qui représentent les 90% des diabétiques.  Le diabète gestationnel est le troisième type de diabète, il apparait surtout chez les femmes enceintes. Et enfin le diabète secondaire qui réunit les diabètes génétiques ou pancréas-étiopathie.

 Au Mali, présentement, près de 700 enfants diabétiques du type I de 0 à 25 ans sont pris en charge à l’hôpital du Mali.

Hadjiratou Maïga

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