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Des actions à l’échelle mondiale contre la chenille du maïs

Les scientifiques préviennent que la lutte contre la chenille légionnaire d’automne nécessite des efforts à l’échelle mondiale, car cet organisme nuisible pourrait se propager à un plus grand nombre de pays.

Selon des experts, au cours des deux dernières années, la légionnaire d’automne s’est répandue dans 44 pays d’Afrique subsaharienne, menaçant la sécurité alimentaire d’environ 200 millions de personnes qui dépendent du maïs comme culture vivrière de base.

Les scientifiques ajoutent que la détection du ravageur en Inde en juillet de cette année et sa propagation rapide dans le pays en quelques semaines, montrent qu’il est nécessaire de collaborer pour trouver des solutions durables.

« Nous devons agir en équipe, à l’échelle mondiale », explique Segenet Kelemu, directeur général du Centre international de physiologie et d’écologie des insectes, expliquant que la propagation rapide du ravageur des Amériques vers l’Afrique en 2015 et maintenant l’Asie, est un indicateur du fait que tous les pays sont à risque.

“Nous devons agir en équipe, à l’échelle mondiale.” | Segenet Kelemu, Centre international de physiologie et d’écologie des insectes

L’approche mondiale a déjà fait ses premiers pas. « Le consortium international de recherche pour le développement sur la légionnaire d’automne, lancé récemment, est la première étape vers cet objectif », déclare Ivan Rwomushana, scientifique en charge de la gestion des espèces envahissantes au Centre international pour l’agriculture et les biosciences (CABI), l’organisation mère de SciDev.Net.

Ivan Rwomushana, qui est basé au Kenya, explique qu’une « stratégie durable nécessiterait des partenariats internationaux, pluridisciplinaires et multisectoriels, qui impliquent l’agriculteur dans la prise de décision. »

Boddupalli Prasanna, directeur du programme mondial pour le maïs, au Centre international d’amélioration du maïs et du blé, ajoute : « Il n’existe pas de solution spécifique unique permettant de gérer efficacement et durablement la légionnaire d’automne. »

Selon Boddupalli Prasanna, la lutte intégrée contre les ravageurs est nécessaire pour lutter contre la légionnaire d’automne en Afrique et au-delà. « Nous avons besoin de l’intégration de technologies validées de manière complémentaire pour une gestion durable de ce ravageur, en fonction des contextes locaux », explique Boddupalli Prasanna à SciDev.Net.

La légionnaire d’automne est un insecte nuisible capable d’attaquer plus de 80 espèces de plantes, mais elle s’attaque surtout au maïs, selon des scientifiques du Centre international pour la physiologie et l’écologie des insectes, basé au Kenya, et du Centre international d’amélioration du maïs et du blé. Les deux organisations ont organisé des événements distincts dans la deuxième quinzaine de septembre (17-19) au Kenya pour discuter des efforts de lutte contre ce ravageur, en Afrique.

Boddupalli Prasanna appelle à davantage de recherche pour identifier et créer des technologies spécifiques pouvant être combinées dans un pays ou une région, afin que les petits agriculteurs puissent lutter contre les ravageurs avec des moyens à leur portée et de manière durable, sur le plan environnemental.

Selon Boddupalli Prasanna, bien que les pesticides soient facilement accessibles par le biais des réseaux d’agriculteurs, les petits exploitants devraient être sensibilisés pour éviter complètement les pesticides hautement toxiques et utiliser uniquement des alternatives plus sûres pour l’environnement.

Sunday Ekesi, entomologiste et directeur de la recherche et des partenariats au Centre international de physiologie et d’écologie des insectes, partage cet avis et ajoute que l’Afrique subsaharienne doit utiliser des biopesticides ou des pesticides extraits de matériaux naturels tels que les plantes, pour lutter contre les ravageurs, sans porter atteinte à la santé humaine ou à la biodiversité.

Mais Zachary Kinyua, responsable de la santé des cultures à l’Organisation de recherche sur le bétail et l’agriculture du Kenya, déclare que, même si des solutions durables sur le plan environnemental sont nécessaires, les petits exploitants agricoles sont désespérés, d’où un recours à des produits chimiques.

« Nous utilisons des pesticides parce que nous sommes en état d’urgence jusqu’à ce que nous obtenions des solutions durables », a déclaré Zachary Kinyua à SciDev.Net, ajoutant que les biopesticides préconisés par les scientifiques, par exemple, ne sont pas encore disponibles.

Scidev.Net

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