Santé

Défaut d’un vaccin pour lutter contre le paludisme chez les enfants 


La chimio-prévention du paludisme saisonnier n’est pas un traitement miracle, mais une stratégie préventive efficace qui vient s’ajouter aux autres dispositifs déjà en place pour réduire l’incidence du paludisme chez les enfants de 3 à  59 mois. Au Mali,  ce sont plus de 3,5 millions d’enfants qui sont concernés par la campagne de distribution gratuite  de médicaments pendant les quatre mois de la saison des pluies. L’opération a été lancée,  le vendredi 22 juillet sur l’ensemble du territoire du Mali. 

Le Mali mise sur la chimio-prévention pour sauver la vie de 3,5 millions d’enfants 

Au Mali le paludisme reste le premier motif de consultation. En période de pluie,  le nombre de cas est en nette  augmentation. Et  les enfants qui sont les plus à risque. Pour sauver la vie de ceux-ci, le ministère de la Santé et ses partenaires viennent de lancer une grande campagne  de distribution gratuite de comprimé aux enfants de 3  à 59 mois. L’opération consiste à donner des doses mensuelles de médicaments pendant quatre mois disponibles sous forme de plaquettes  alvéolées  combinant sulfadoxine-pyrimethamine et d’amodiaquine, par voie orale aux enfants. Cette combinaison de molécules leur fournit l’immunité nécessaire à une protection non négligeable pendant la saison des pluies, a affirmé le Directeur National du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), Dr Diakalia Koné  Il  joutera que l’enfant qui prend les comprimés,  quatre fois de suite ne vas pas développer le paludisme et ne pourra pas aussi transmettre. « Déjà le Mali a acheté  5 millions de traitements. Pour la réussite de l’opération, certains coûts opérationnels ont été  pris en charge par l’Initiative du Président américain contre le Paludisme (PMI) conduite par l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID) , la Banque mondiale, Médecin sans frontière Espagne,  Catholic Relief Services  et l’Unicef   a fait constater l’orateur.

Toujours aux dires de notre interlocuteur,   cette stratégie vient grossir celle déjà disponible pour renforcer la lutte contre le paludisme. Il citera, entre autres, la distribution de masse de moustiquaires  imprégnées  d’insecticides, la pulvérisation intra domiciliaire, le traitement préventif intermittent chez les femmes enceintes. Il soutiendra que la stratégie a fait ses preuves  dans les zones tests où elle a  permis de réduire les consultations de 42% et  favoriséunebaisse de 61% des cas de paludisme par semaine. D’après lui, cette stratégie de prévention pourrait être un outil de santé publique extraordinaire, enparticulier pour protéger les enfants, qui représentent la grande majorité des décèsdms au paludisme.

Si au départ, dit-il, la méthode  ciblait la zone de Koutiala dans la région de Sikasso  où  elle a fait ses preuves, la stratégie vient d’être élargie à tous les districts sanitaires du Mali au nombre de 65. Il a relevé que pour renforcer la luttecontre le paludisme  le Mali vientaussi de bénéficier d’un projet d’unedurée de 4 ansfinancépar la Banquemondiale sous forme de prêt remboursable, soit environ 37 millions de dollars. Au Mali, ilindiquera que  19 districts sanitairesfrontalierstotalisant 57 aires de santé entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso serontconcernés. Leditprojetintitulé « paludisme et maladies tropicalesnégligées au Sahel » (MTN) couvre le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Avant de préciser que le projet vise, entre autres, la promotion du traitementintégré des Maladies tropicalesnégligées (MTN) et la Chimio-prévention du paludismesaisonnier (CPS) au Sahel.

A terme, il permettra d’accroitrel’accès et l’utilisation des services harmonisés à base communautaire pour la prévention et le traitement du paludisme et de certaines maladies tropicales négligéesdans les zones transfrontalières.

Qu’est-ce que la chimioprévention ? 

La chimio-prévention du paludisme saisonnier  (CPS) estune nouvelle méthode préventive recommandée par l’Organisationmondiale de la Santé (OMS) dans les zones de la sous-régionouest-africaine où la prévalence de la maladie reste  forte. En effet, cetraitement préventif ne s’applique qu’aux regions où le paludisme est saisonnier.  Rappelons qu’en 2015 le Mali a connu plus de 2,3millions de cas de malaria avec 1 978 décès.

Ramata TEMBELY, Journaliste scientifique

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