A la une, Economie, Environnement

Biocarburant au Mali: 740 000 litres d’huile de pourghère récoltés en 2016

Originaire d’Amérique du sud, le pourghère (jatropha curcas ou bagani en bamanan) est un arbuste assez répandu dans le sud du Mali. Il est utilisé par les paysans pour protéger les cultures contre les animaux. Pourtant, sa propriété oléagineuse en fait un atout majeur dans la production de biocarburant dans notre pays.

Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou…. Toutes ces régions sont  des zones de culture par excellence de pourghère. Les paysans ont mis longtemps avant de voir les potentialités économiques de cette plante. Jadis, utilisée dans le cadre de la technique de la culture de la haie pratiquée pour éloigner les animaux des champs.

Lire aussi – Environnement : Seuls 41 % de déchets plastiques sont recyclés à Bamako

Aussi, les feuilles de la plante sont très riches en azotes et constituent un excellent fertilisant une fois qu’elles se décomposent sur le sol en tombant. Cependant le véritable atout du pourghère est sa graine. Depuis 2009, l’Agence nationale du Développement du Biocarburant(ANADEB) a choisi cette plante pour promouvoir une économie triangulaire du biocarburant.

Une source abondante de biocarburant

«La graine de Jatropha est riche en huile à hauteur de 40% et cette huile n’est utilisable que pour produire du biocarburant», explique Mamadou Madani Diallo, chef du département promotion du biocarburant de l’ANADEB. Le choix du Jatropha est judicieux, affirme l’expert, car elle ne peut être utilisée que pour produire du biocarburant. Contrairement aux autres  sources des huiles végétales, notamment le colza, le soja ou le tournesol.

On compte aujourd’hui quatre principales unités de production d’huile de pourghère. Elles ont été financées à hauteur de 708 000 000 FCFA par le Programme National de Valorisation Energétique de la Plante Pourghère (PNVEP) et se situent dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou. Elles sont gérées par  l’ANADEB avec des paysans et des prestataires privés. L’huile produite est mélangée avec d’autres produits pour faire le bio-essence. Le biocarburant ainsi obtenu peut remplacer l’essence pour les voitures. Aussi, on peut produire du biodiésel avec le jatropha grâce à la transestérification (technique qui permet le mélange d’huile de jatropha à l’alcool). En 2016,  La production d’huile de Jatropha a atteint 740 000 litres pour une surface exploitée de 65 000 hectares.

Lire aussi – Mohamed Aly Ag Ibrahim, ministre du développement industriel: « L’industrialisation du Mali ne se fera pas au détriment de l’environnement »

Quelques difficultés….

Le pourghère est une chance pour le Mali dans sa mutation vers les énergies propres. Car, sa culture ne nécessite aucun investissement ou presque. La plante croît dans presque tous les milieux donc est accessible à tous les paysans. Mais le manque, à la fois, de volonté politique et d’un environnement économiquement prêt fait du secteur des biocarburants un secteur à l’abandon. Les machines à l’arrêt, manque d’équipement, de pièces de rechange, de personnels, problème d’acheminement et de stockage de l’huile récoltée… les problèmes dans le secteur sont nombreux.  Selon Diallo, le problème principal vient du coût élevé de production des biocarburants. Cela, dit-il, les rend très peu compétitifs. Pour régler ce problème l’ANADEB essaie de créer un marché entre les paysans.

Abdoulaye Alfadi Sidibé

Laisser un commentaire